CÉLÈBRE CORSAIRE ANGLOIS
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Poii RiB fîit UD corsaire des pins dëtermiaés que l'Angleterre ait produits. Il avoit été Io0g-^1» matelot. S'ennuyant d'obéir, il forma le dessein de se rendre mahre de son vaisseau, sans avoir piiso )p&ne de cabaler pour se faire des complices. Tm preuves qu'il avoit données de sa résolulioD et de sa force, semUoientle garantir de la soawisàonàs^ compagnons. Un jour que le capitaine et le lieutenant du vaisseau étoientà s'entretenir eosemblesur le tillac , il les précipita tous deux dans la mer, et s'armant d'un long croc , il acheva de les tuer, lor^ qu'ils se rapprochoient à la nage pour remoDieroaflJ le vaisseau. Ensuite se tournant vers ses compagnon qui le croyoient dans quelque accès de folie ou « fureur, il leur dit^d'un air tranquille : « Me» »^i J> ce vaisseau est i moi. Je viens de le gsgoer p j^ un coup qui m'a réussi, et je me sens cap
ET ANECDOTES. S&l
» (Ten faire bien d'autres pour le conserver. Recon- )) noissez-moi pour votre capitaine. ' Je vous con- » duirai bien , et je vous ferai part de toutes les ri- » cbesses que je prétends bientôt' acquérir )>. Us se soumirent à lui sans résistance.
Dès le joui* suivant il rencontra un vaisseau espagnol, dont l'éqnipageétoit beaucoup plus nombreux que le sien. Mais sans en marquer la moindre inquiétude , il courut à Fabordage avant que d'avoir pensé a faire feu de son canon j et faisant main-basse sur tout ce qui paroissoit le menacer de quelque résistance, il tua plus d'ennemis de sa main, que tous ses gens ensemble. Non-seulement il jse rendit maître du vaisseau , ifiais le trouvant meilleur que le sien y il s'en fit une espèce de fondement sur lequel il établit toutes ses espérances de fortune. En moins d'une année , il prit dix -neuf vaisseaux espagnols et il pilla deux de leurs ports, oiil'on fit monter son butin k plus de cent mille écus. Mais ce qui imprima la terreur dans tousles lieux où il entreprit de se rendre maître , c'est que fort souvent, au-lieu de se servir d'unsabre ou d'une épée, il n'émployoit qu'un gros bâton armé de fer , avec lequel il tuoit quelquefois^d'un seul coup trois ou quatre ennemis.
Son brigandage dura cinq ans, sous la protection tacite des colonies de sa nation , qui employoient même assez souvent ses services, soit pour attaquer, soit pour se défendre. Mais la mort délivra les Es-
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56^ AVENTURES ET ANSCBOTES.
pagnols d'un si redoutable ennemi. Pol Rib étoit attaqué d'une inflammation d'entrailles , qui n'étoit qu'un mal ordinaire. Il se présenta pour le guérir un étranger, qui étoit arrivé depuis peu dans le lieu de sa retraite, et qui s'étoit donné pour expert dans la connoissance de^ simples. Il présenta au corsaire un élixir , dont il lui garantit la vertu* Mais Fefiet ^n {ut si terrible, que presque au même moment Pol Rib sentit ses forces éteintes, et demeura saos mouvement. Si c'étoitun poison, sa tête futia der^ nière partie ùii il se communiqua. Il conserva assez de présence d^esprit pour soupçoimer qu'il étoit empoisonné , et craignant peut-être que la mort ne lui laissât point le temps d'approfondir ses défiances, il donna ordre que le médecin iùt massacré devant «es yeui.