‹ Œuvres choisies du Chanoine Christophe SchmidChapitre 16 sur 107 · CHAPITRE XV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XV

L'injustice réparée.

Marie s'assit donc. Elle couvrit sa figure avec son mouchoir trempé de pleurs et se mit à prier. Mon Dieu! mon Dieu! pensa-t-elle en sanglotant^ ne m'enverrez-vous pas un de vos anges pour m'iudiquer le chemin que je dois prendre?

Tout à coup il lui sembla qu'une voix douce l'appelait familièrement par son nom : <( Marie! Marie.» Elle leva les yeux , et s'effraya : elle vit une figure resplendissante de beauté, belle et gracieuse comme les anges. Dans ses yeux brillait une beauté toute céleste : ses joues , colorées du plus pur vermillon ,

délicates que les fleurs du pécher :

tlure blonde flottait sur ses épaules:

'une longue robe plus blanche que it bien distinctement , debout defigure, qui, éclairée par la douce ne , semblait rayoE tomba toute tremi lOD Dieu ! que voii i mon secours.

e, répondit une voi pas un aoge du c comme toi; mais ixaucé ta fervente ] I que tu ne me recf 1 vois-je? s'écria Hi vous... comtesse J vous conduit ici, le tristesse et d'éf , si loin de votre et nélie releva affectn bras , l'embrassa i dit : R Bonne et cbi ivers toi une horril ^compensée du pla e faire en me don 'ois encore ici. Mai I ! pourras-tu jama tardonner ii mes pa lierousdetout répa )ossible de le faire.

en pleurant : « Ne ms cette malheurei

is-jel... Un auge da ciel qui ion secours. »

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nous avez traités avec beaucoup de ménagement. ,0b ! je puis vous assurer que jamais il ne m'est venu dans Fidée d'avoir le moindre ressentiment contre vous. Je me souvenais toujours avec reconnaissance de vos bontés pour moi et pour mon père. Mon unique douleur était de penser que vous... vous, Mademoiselle, et vos respectables parents, deviez me croire bien coupable et bien ingrate... Aussi je ne désirais rien plus ardemment que de vous voir reconnaître mon innocence, et ce désir, Dieu vient enQn de Taccomplir. Grâces lui en soient rendues!»

La comtesse Amélie tint longtemps Marie serrée dans ses bras, et Tinonda de ses larmes. Fixant ensuite ses regards sur le tombeau de Jacques, elle joignit ses mains, et s'écria avec l'accent de la plus douloureuse émotion:» 0 toi, braveet digne homme, dont la dépouille mortelle repose ici dans une terre étrangère, toi que j'aimais dès mes premières années , toi dont les mains ont tissu le berceau d'osier dans lequel dormait mon enfance, toi qui m'avais encore donné pour dernier présent de fête cette corbeille que je revois sur ta tombe..., hélas ! faut-il que tune sois plus!... Que n'ai-je pu te retrouver vivant, pour contempler ton visage vénérable et te demander pardon de l'offense que je t'ai faite ! Ah I Dieu! si nous eussions agi avec plus de réOexion, si nous eussions montré plus de confiance en ta fidélité si longtemps éprouvée, ta dépouille mortelle, vertueux serviteur, ne serait point exilée ici : tu vivrais peut-être encore , et tu serais encore parmi nous. Oh! pardonne-nous. Ici, sur ta tombe, jeté fais, au nom de mes parents, une promesse solen*

ilte : ne pouvant plus te dédommager du mal que >us t'avons fait, nous dédommagerons doublement

fille. Oh! pardonne-nous, pardonne-nous.

— Ah! IHademoisellc , reprit Marie, mon père eut jamais le moindre ressenliment contre ses ispectables maîtres. Il les comprenait toujours dans is prières, aussi bien pendant notre exil qu'à Eeh- )ui^. Il les a bénis encore à son heure dernière.

Marie, me disait-il un moment avant sa mort, li la ferme croyance que nos respectables maîtres ^connaîtront un jour ton innocence , et te rappelront de ton exil. Alors assure le noble comte , la laritable comtesse et l'ange Amélie, que j'ai si luvent portée dans mes bras pendant qu'elle étail icore enfant ; assure-lea que jusqu'à mon dernier lupir mon cœur n'a jamais cessé d'être plein de «pect , d'attachement et de reconnaissance pour 11. » Je puis TOUS assurer. Mademoiselle, que ce )nt là ses propres paroles. »

La bonne Amélie versa de nouvelles larmes. Enfin le dit : « Viens, Marie, assieds-toi à côté de moi ir cette pierre. Je ne puis m'arracher de cette imbe. Nous sommes ici comme dans le sanctuaire e la Divinité ; il me semble que les bénédictions de m père planent sur nous. »

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