ACTE n^ SCÈNE IT
SCÉNB lY
LE COMTE, MARTHON.
LE COMTE
Bonjour, Marthon.
MARTHON.
Vous voilà donc revenu, monsîeurf
LB* COMTE
Oui : on m*a dit qu'Araminte se promenait dans le jardin, et je viens d'apprendre de sa mère une chose qui me chagrine. Je lui avais retenu un intendant qui devait aujourd'hui entrer chez elle, et cependant elle en a pris un autre qui ne platt point k la mère, et dont nous n'avons rien à espérer.
MARTHON.
Nous n'en devons rien craindre non plus, monsieur. Allez, ne vous inquiétez point, c'est un galant homme: et si la mère nen est pas eoiiTOiite, c'est un peu de sa faute; elle a dé» buté tantôt par le brusquer d'une manière si outrée, l'a traité si mal, qu'il n'est pas étonnant qu'elle ne l'ait pas gagné. Imaginezvous qu'elle l'a querellé de ce qu'il était bien fait.
LE COMTE
Ne serait-ce point lui que Je viens de voir sortir d'avec vous?
MABTBON.
Lui-m6me»
LE COMTE
Il a bonne mine, en effet, et n'a pas trop l'air de ce qu'il est.
MARTHON.
Pardonnez-moi, monsieur, car il est honnête homme.
LE COMTE
N'y aurait-il pas moyen de raccommoder cela? Araminte ne me hait pas, je pense, mais elle est lente à se déterminer: et, pour achever de la résoudre, il ne s'agirait plus que de lui dire que le sujet de notre discussion est douteux pour elle; elle ne voudra pas soutenir l'embarras d'un procès. Parlons à cet intendant : s'il ne faut que de l'argent pour le mettre dans nos intérêts, je ne l'épargnerai pas.
MARTHON*
Oh ! non, ce n'est point un homme à mener par là; c'est le garçon de France le plus dés- . mtéressé.
LE COMTE
Tant pis 2 ces gens-là ne sont bons à rien*
MARTHON.
Laissez-moi faire.
SGÉNB T LE COMTE, LUBIN, MARTHON.
Mademoiselle, voilà un homme qui en dflmande un autre : savez- vous qui c estT
jicTB n, SCÈNE n 63
itARTHON, brusquement
Et qui est cet autre? A quel homme en veut-u?
LUBIN
Ma foi, ]e n'en sai» rien; c'est de quoi je m'informe à vous.
MARTHON.
Fais-le entrer.
LUBIN, le faisant sortir des coulisses»
Hé ! le garçon I venez ici dire votre affaire.
SCiNB YI