‹ Œuvres choisiesChapitre 42 sur 68 · ACTE 11^ SCÈNE XT · texte numérisé non relu

ACTE 11^ SCÈNE XT

dtos tout ceci. Voyez- vous souvent la personne que vous aimez?

DORANTE, toujours abattu.

Pas souvent à mon g^ré, madame ; et je la verrais à tout instant, que je ne croirais pas la voir assez.

ARAMTNTB, à part.

Il a des expressions d'une tendresse l {Haut.) Est-elle flUet a-t-elle été mariée?

DORANTE

Madame, elle est veuve.

ARAMINTB.

Et ne devez-vous pas l'épouser? Elle vous aime, sans doute?

DORANTE

Hélas ! madame, elle ne sait pas seulement que je Tadore. Excusez l'emportement du terme dont j e Y*ft «^fa - Je ne saurais presque parler d'elle qu*avec transport.

ARAMINTE

Je ne vous interroge que par étonnement.

Elle ignore que vous l'aimez, dites-vous ? Et vous mi sacrifiez votre fortune? Voilà de l'incroyable. Comment, avec tant d'amour, avez* vous pu vous taire? On essaye de se faire aimer, ce me semble : cela est naturel et pardonnaole.

DORANTE

Me préserve le ciel d'oser concevoir la plus légère espérance ! Etre aimé, moi? Non, madame. Son état est bien au-dessus du mien.

Mon respect me condamne au silence ; et je mourrai du moins sans avoir eu le malheur de lui déplaire.

79 LES FAUSSES CONFIOENCai»

ABAMINTE.

Je n'ima^ne point de femme qui mérite d'inspirer une passion si étonnante : je n'en imagfine point. Elle est donc au-dessus de toute comparaison?

DORATNTE. . -^- ,J[

Dispensez-moi de la louer, madame : le m'é-^*^

garerais en la peinant. On ne connaît rien e si beau ni de si aimable qu'elle, et jamais elle ne me parlé, ou ne me regarde que mon amour n'en augmente.

ARAMiNTE. Eiie baisêt les jfenœ et contxime^

Mais votre conduite blesse la raison. Que ptétendez-Yous avec cet amour pour une personne qui ne saura jamais que vous l'aimez?

Cela est bien bizarre. Que prétendez-vous?

D0RA.NTE.

Le plaisir de la voir quelquefois, et d'être wreo elle est tout ce que je propose.

ARAMINTK.

Avec elle? Oubliez- voua que vous ôtes ici?

Je veux dire, avec son portrait, quand je ne la vois pc^t.

A&AIIINTE.

Son portrait! Est-ce que vous l'apfea IMt faire?

SORANTB.

Non, madame; mais j'ai, par amusement, appris à peindre, et je l'ai peinte moi-même» Je me serais privé de son portrait, si je n'avais pu l'avoir que par le secours d uu autre.

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