BI* REMI
Et de fort bonne famille : c'est moi qui ai succédé à son père; il était fort ami du vôtre; homme un peu dérangé ^ sa ÛUe est restée sans bien. La dame d'ici a voulu l'avoir; elle l'aime, la traite bien moins en suivante qu'en amie, lui fait beaucoup de bien, lui en fera encore, et a offert même de la marier. Mar* thon a d'ailleurs une vieille parente asthma^ j tique dont elle hérite, et qui est à. son aise. ^ Vous allez être tous deux dans la môme maison; je suis d'avis que vous l'épousiez : qu'en dites-vous?
DORANTE, souriant, à pari,
£h I... mais je ne pensais pas à elle.
àcn \, sci^NB IV H.
M, BBVI.
Eh bien, je tous avertis d'y penser; tâchez de lui plaire. Vous n'avez rien, mon neveu; Je dis rien qu'un peu d'espérance. Vous êtes mon héritier; mais je me porte bien, et je ferai durer cela le plus longtemps que je pourrai, sans compter que je puis me marier. Je n'en ai point d'envie; mais cette envie-là vient tout d'un coup : il y a tant de minois qui vous la donnent ! Avec une femme, on a des enfants, c'est la coutume; auquel cas, serviteur au collatéral. Ainsi, mon neveu, prenez toutes vos petites précautions, et vous mettez en ^ ; état de xûjja^agsgE^e mon bien, que je vous ^ V''" destine aujourd'iiui et que je vous ôterai de- ^ ' main peut-être.
DORANTB.»
Vous ayez raison, monsieur; et c'est aussi à quoi je vais travailler.
M* REMI
Je vous y exhorte. Voici mademoiselle Marthon : éloignez- vous de deux pas, pour me donner le temps de lui demander comment elle vous trouve.
[Dorante f écarte un peu,)
SCiKS lY M. REMI,, MAHTHÛN, DORÀNTBL
MARTHON.
Je suis fftchée, monsieur, de vous avoir fttit attendre; mais j'avais affaire chez madame.
M. RBMI.
II n*y a pas grand mal» mademoiselle; J'aiv
12 LBS FADSSàS CONFIDRNCES
rive. Que pensez-vous de ce grand garçon-là?
{Montrant Dorante,)
MÂRTHON, riant.
Et par quelle raison, monsieur Rémi, fautil que je vous le dise?
M* RBBiI*
C'est qu'il est mon neveu.
HARTHON.
Eh bien, ce neveu-là est bon à montrer; il ne dépare point la famille.
éb //-i RBMI*
ToutdJb on? C'est lui dont j'ai parlé à madame pour intendant, et je suis charmé qu'il vous revienne : il vous a déjà vue plus d une fois chez moi, quand vous y êtes venue; vous en souvenez-vous?
MARTHON.
Non, je n'en ai point d'idée.
M. REMI
On ne prend pas garde à tout. Savez-vous je qu'il me dit la première fois qu'il vous vit? « Quelle est cette jolie ïllle-là? » iMarthon sourit.) Approchez, mon neveu. Mademoiselle, votre père et le sien s'aimaient beaucoup :
pourquoi les enfants ne s'aimeraient-Us pas?
En voilà un qui ne demande pas mieux; c'est on cœur qui se présente bien.
DORANTE^ embarrassé, n n'y a rien là de difficile à croire.
n. REMI*
Voyez comme il vous regarde I Vous ne fe* xiez pas là une si mauvaise emplette.