‹ Œuvres choisiesChapitre 55 sur 68 · HORTENSE, LE CHEVALIER · texte numérisé non relu

HORTENSE, LE CHEVALIER

LE CHBTALIBR.

La démarche que vous allez faire auprès du Marquis m*alarme.

HORTENSB.

Je ne risque rien, tous dis-Je. Raisonnons.

Défunt son parent et le mien lui laisse quatre cent mille francs, à la charge, il est yrai, de m'épouser, ou de m*en donner deux cent

uis

mille; cela est à son choix; mais le Marc ne sent rien pour moi| J*en suis sûre. De mus» je suis presque certame qu'il a de rinclmalion pour la Comtesse: d'ailleurs, il est déjà assez riche par lui-même : yoilà encore une succession de six cent mille francs qui lui Tient, à laquelle il ne s'attendait pas; et tous croyez que, plutôt que d'en distraire deux cent mille^ il aimera mieux m'épouser, moi qui lui suis mdiiférente, pendant qu'il a de l'amour pour la Comtesse, qui peut-être ne le hait pas, et qui a plus de bien que moi? n n'y a pas d'apparence.

LK CBBVALnCIU

Hais à quoi jugez-Tous que la comtesse ne le hait pas?

HORTBNSE.

A mille petites remarques que je fais tous

les jours, et je n'en suis pas surprise. Du caractère dont elle est, celui du Marquis doit gtre de son ^oût. La Comtesse est une femme brusque, ^ui aime à primer, à grouveroer. à être la maîtresse. Le Marquis est un homme doux, paisible, aisé à conduire: et voilà ce qu'il faut k la Comtesse. D'ailleurs, le Mai^ quis est d'un âge qui lui convient: elle n'est plus de cette grande jeunesse; il a trentecmq^ a quarante ans, et je vois bien qu'elle serait cnarmée de vivre avec lui.

LB <3BBVA'LIER,

Mais, s'il accepte votre main?

HORTttNSB.

Eh! non, vous dis-je; laissez-moî feire. Je crois qu il espère que ce sera moi qui le refiiserai; peut-être môme feindra-t-U de consentir à notre union; mais que cela ne vous épouvante pas. Vous n'êtes point assez riche oour m'épouser avec deux cent mille fran<^d»

moins, et je suis bien aise de vous les appor« ter en mariage. Je suis persuadée que 1»

Comtesse et le Marquis ne se haïssent paa.

Voyons ce que me diront là-dessus L'EpiiMet Lisette, qui vont venir me parler. L'un est V un Gascon froid, mais adroit; Lisette a âe respnt. Je sais qu ils ont tous deux la confiance de leurs maîtres; te les intéresserai à m instruire, et tout ira bien. Les voilà oui Tiennent; retirez-vous, ile Chevalier $&rt.y

SCtNI 11 LISETTE, HORTENSB, L'ÉPINB.

BDRTBNSB.

Venez, Lisette, approchez.

LISETTE

Que souliaitez-vous de nous, madamet

acÈNs n il^'

BOBTENSE.

Rieu que tous ne puissiez me dire sans 'Wesser la fidélité que vous devez {à L'Spine) vous au Marquis, (à Lisette) et vous à la Coiotesse.

LHtB'lTlfi*

Tant mieux, madame.

l'bpinb.

Ce début encourage. Nos serviceB tousaoiA acquis.

BORTJSNSB, tirant quelque argent de sa pothe^ TeikeflB, Lisette, tout serTice mérite récma-

USETTE, refluant tPakordL

Du moins ^ madame, faudrait-il savoir au^ paravant de quoi il s'agit

HORTBNSB.

Pcexiez;ye vous le donne, quoi qu'il arrive.

(À L'Epine en lui donnmit quetques iouis.) VoiÛl pour vous, monsieur de L'Epme.

L*BPINB.

Madame, le serais volontiers de I^tvls de .mademoiselle; mais Je prends. Le respect déi^end que ft nusonne.

B0RTKN8EL

' Je se prétends vous engager en rien; et voici de quoi il est question. Dites-moi, L'Epine, je me figure que le Marquis aime la Comtesse; me trompè-jeî 11 n'y a point dfnconvénient à- me dire ee qui en est. Soupçonnez-voua qu'il l'aimet

L'iPINB.

50ns, ït édaireiral

De soupçons « j'en ai de vic^ents. Je m*^ L tantôt.

HORTENSS.

Bt VOUS, Lisette, quAl est votre sentiment 0BI lit CoBàtessd?

LB LBG8 USBTTB*

Qu'elle ne songe point du tout au Ifarquis^ madame.

l'âpxmr.

Je diffère avec tous de pensée.

HORTBMSB.

Je crois aussi qu'ils s'aiment Et, supposons que je ne me trompe pas, du caraetère dont us sont, ils auront de la peine à s'en parler. [A L'Bpine.) Vous, L'Epine, voudriez- TOUS exciter le Marquis à le déclarer à la Comtesse? (il Lisette,) Et tous, Lisette, disposer la Comtesse à se l'entendre dire? OS sera une industrie fort innocente.

L'ÂPone.

Et même louable.

LISBTTB, rendant targeni.

Madame, permettez que Je tous rende TOtss argent.

HORTBNflB.

Gardez. D'où Tient...?

C'est qu'il me semble que ToUà précisément le service que tous exigez de moi, et c'est

Srécisément celui que Je ne puis tous rendre, [a maîtresse est Teuve; elle est tranquille; son état est heureux, ce serait dommage de l'en tirer; Je prie Je ciel qu'elle y reste.

l'bpinb, froidement* Quant à moi. Je garde mon lot: rien aa m'oblige à restitution; J'ai la Tolonte de tous "être utile. M. le Marquis vit dans le célibat; mais le mariage, il est bon, très-bon, il a ses peines, chaque état a les siennes:

quelquefois le mien me pèse : le tout est égal. Oui, Je vous servirai, madame. Je vous aervirtii, {e n'j TOis point de maL On a'ert

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marié de tout temps, on se Hiariera toujours» on n'a que cette honnête ressource quand on B'aime.

HORTXKSB.

Vous me surprenez, Lisette, d'autant plus que Je m'imagmais que tous pouviez tous umer tous deux.

LISETTE

Cest de quoi il n'est pas question de ma

LSPIKB.

De la mienne, l'en suis demeuré à l'estime.

Néanmoins, mademoiselle est aimable, mais J'ai passé mon chemin sans y prendre garde.

usEns.

J'espère que tous passerez toujours de même*

BORTENSS.

VoUà ce que J'avais à tous dire. Adieu, Lisette; TOUS ferez ce qu'il tous plaira: Je ne TOUS demande que le secret. J accepte tos sérriees, LOSpine. (Biie sort»)

IClHI III

LISBTTB, L'ÉPINB.

LISETTE

Nous n'avons rien à nous dire, mons de L'Epine; J'ai afQiire, et Je tous laisse.

l'âpine.

Doucement, mademoiselle, retardez d'un moment, Je trouve à propos de tous informer d'un petit accident qui m'arriTC.

LISETTE

Voyons.

L'ipiNE.

Dlionuoe d'honneur, je n'avais pas envi*

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