MADEMOISELLE MARS
Dans sa dernière maladie, MUe Mars avait souvent !e délire. Un soir, le médecin arrive. Elle était en proie à une fièvre ardente et rêvait tout haut ; elle parlait du théâtre, de sa mère, de sa fille, de sa nièce Georgina, de tout ce qu'elle avait aimé ; elle riait, pleurait, criait, poussait de grands soupirs.
Le médecin s!approche de son lit et lui dit : — Chère dame, calmez-vous, c'est moi. — Elle ne le reconnaît pas et continue de délirer. Il reprend : — Voyons, montrez-moi votre langue, ouvrez la bouche. — Mlle Mars le regarde, ouvre la bouche et dit : — Tenez, regardez. Oh ! toutes mes dents sont bien à moi !
Célimène vivait encore.
1. La célèbre comédienne, dont nous avons eu plus d'une fois à parler d;ins le premier volume de cette Anthologie, et dont nous parlerons encore (à propos du drame en prose Angeto), mourut en 1847. Elle était née en 1779.