Père du célèbre homme d'Etat qui mourut en
m — CHOSES VUES. II
puis lut, avec son accent étranger qui déplaisait, un discours interrompu par quelques rares murmures d'adhésion. Il fit l'éloge de Cavaignac, ce qui fut remarqué et applaudi.
Après quelques minutes, il descendit de la tribune, couvert, non, comme Cavaignac, des acclamations de la chambre, mais d'un immense cri de : vive la République ! Une voix cria : vive la Constitution !
Avant de sortir, Louis Bonaparte alla serrer la main à son ancien précepteur, M. Vieillard, assis à la troisième travée à gauche. Puis, le président de l'assemblée invita le bureau à accompagner le président de la république et à lui faire rendre jusqu'à son palais les honneurs dus à son rang. Le mot fit murmurer la Montagne. Je criai de mon banc : — A ses fonctions I
Le président de l'assemblée annonça que le président de la république avait chargé M. Odilon Barrot de composer le ministère et que l'assemblée serait informée du nouveau cabinet par un message ; que, le soir même, du reste, on distribuerait aux représentants un supplément du Moniteur.
Cependant, les huissiers, leur chef Duponceau à leur tête, les officiers de la chambre, les questeurs et parmi eux le général Lebreton en grand uniforme, s'étaient groupés au pied de la tribune ; plusieurs représentants s'étaient joints à eux ; il se fit un mouvement qui annonçait que Louis Bonaparte allait sortir de l'enceinte. Quelques députés se levèrent ; on cria : Assis ! assis !
Louis Bonaparte sortit. Les mécontents, pour marquer leur indifférence, voulurent continuer la discussion de la proposition sur l'imprimerie. Mais l'assemblée était trop agitée pour pouvoir même rester sur ses bancs. On se leva en tumulte et la salle se vida. Il était quatre heures et demie. Le tout avait duré une demi-heure...