II. — Conférences et Congrès
Ce n'est pas seulement pour le professorat que Cheysson a usé de la parole; c'est à toute occasion où il y avait une cause à défendre, une vérité à propager, une erreur à réfuter, une institution de pré* voyance à fonder. Dans la limite de son temps et de ses forces, il répondait aux appels qui de tous côtés lui étaient adressés pour des conférences. La liste, même approchée, en serait trop longue. C'est ainsi que, commis-voyageur infatigable, il est allé parler de la mutualité, de renseignement ménager, des habitations à bon marché, de l'alcoolisme, du repos du dimanche, de renseignement
EMILE CHEYSSON
professionnel , à Lyon, Nîmes, Viilefranche, Bordeaux, Lille,
Reims, Périgueux, Saint-Etienne, Nantes, Bruxelles.
CéUe dernière conférence, organisée par Nyssens, ministre du Travail en Belgique, avait pour sujet la comparaison entre les deux lois, belge et française, sur les habitations à bon marché. La loi belge du IS ïioûl 1889 a servi de modèle à la loi française du 30 novembre IB94, qui Ta calquée dans la plupart de ses dispositions ; mais notre loi contient d'importantes améliorations que la Belgique, à son tour, s'est appropriées, notamment pour le régime successo* rat applicable aux petits immeubles.
Cheysson (Mail parti pour taire sa conférence entre deux trains, en tenue de ville, sans aueune arrière-pensée. Il devait déjeuner chez le Ministre, parler a la Société d'Economie sociale qui Taeeueillait, puis rentrer le soir à Paris.
A l'arrivée du train, un équipage l'attendait et le mena à L'hôtel du Ministre, ôû il fut 1res surpris de trouver une édite d'invités: ministres, hommes politiques, personnages éminents. On le mil à la pla6é d'honneur; on chuchotait en le regardant. Il sentait qu'il sé tramait quelque chose, sans pouvoir soupçonner quoi. Au dessert, le Minisire des Affaires étrangères se leva pour dire qu'il arrivait de Laeken, où h» roi Léopold venait de signer le brevet de commandeur de son ordre, en le chargeant de le remettre lui-même à Emile Cheysson. Pour qui sait le prix que la Belgique attache à cette décoration, même au simple ruban de chevalier, on comprend la haute valeur de cette manifestation, préparée dans le plus grand secret, comme une conspiration, et qui éclatait dans des conditions véritablement exceptionnelles de mise en scène, de grâce et de cou rtoisie.
La conférence eut lieu après le déjeuner, suivant le programme convenu. En sus de tous les convives, qui s'y rendirent avec l'orateur, la salle était bondée de toul ce que Bruxelles contient d'hommes considérables. Très ému, comme on peut le penser, le conférencier se sentait porté par les sympathies qui l'entouraient. On lui fit une véritable ovation.
Kmile Cheysson a encore porté la parole comme Président, Rapporteur ou debater, dans les nombreuses Sociétés, Commissions el Congres, dont il fut membre : Congres nationaux ou internationaux des habitations à bon marché, du repos du dimanche, de la mutualité, de l'alcoolisme, du patronage des libérés, des syndicats
l'action sociale
agricoles, de statistique, de l'assistance par le travail, de l'alliance d'hygiène sociale, des accidents du travail, etc.
Il a figuré dans plusieurs de ces Congrès comme délégué du Ministre des Travaux publics : en particulier, à Dusseldorf, en 1902, on a vu quelle mission il avait remplie à La tète de la délégation française.