‹ Œuvres choisies (tome 1)Chapitre 18 sur 103 · IV. — Les Associations · texte numérisé non relu

IV. — Les Associations

S'il n'a pas marchandé son concours aux sociétés individuelles et locales, Cheysson s'est surtout attaché à provoquer leur entente et leur concentration.

Les innombrables associations qui ont surgi spontanément et qui couvrent le pays sont longtemps restées distinctes et spécialisées ; mais elles ont fini par s'apercevoir que cet isolement nuisait à l'efficacité de leur action et qu'après la période initiale de la division du travail et de la force centrifuge, le moment était venu de la concentration et de la force centripète. Tous les phénomènes biologiques et sidéraux sont ainsi maintenus dans leur merveilleux

EMILE CHEYSSOX

équilibre par le balancement réglé des forces antagonistes; il en est de même pour les œuvres sociales. Apres les avoir divisées, segmentées, isolées par des cloisons é tanches, on a reconnu la nécessité de les rapprocher à leur tour, comme elles avaient ellesmêmes rapproché tes individus, pour leur donner la cohésion sans laquelle leurs efforts s'émie Itéraient en stériles escarmouches.

C'est ainsi, dans ces derniers temps, qu'on a vu les œuvres sociales de même nature se grouper d'abord en unions départementales et régionales, puis en fédérations nationales, qui les amènent à collaborer et à combiner leur action en vue de leurs intérêts communs. En entrant dans un groupe d'ordre supérieur, aucune société ne compromet son autonomie, puisque ce groupe a précisément pour attributions celles qui seraient hors de la portée de ses adhérents agissant à titre individuel. Loin donc que ceux-ci aient à payer leur affiliation par un sacrifice, ils y gagnent un surcroit de puissance et deviennent, de degré en degré, capables d'aborder des lâches qui, par leur ampleur ou leur complexité, leur fussent restées inaccessibles*

( /est à cette seule condition que l'action sociale peut être puissante, et tel est en effet le spectacle que nous offrent les grandes organisations des Trade-Unions anglo-saxonnes et des Vereins germaniques.

Convaincu de la nécessité de ces groupements, Kmile Cheysson a, de tout son pouvoir, aidé à les développer. Il a prêté son actif concours à la Ligue populaire pour le repos du dimanche, créée au lendemain du Congrès du Repos hebdomadaire en 1889; à la Fédération nationale de lu mutualité; à la Société française des habitations à bon marclié, fondée en 1890; c'esl à lui que reviennent, pour une notable part, la fondation de V Œuvre centrale du patronage des libérés, créée à la suite du Congrès de 1893, dont il avait été l'instigateur; celle de La Ligue nationale contre Valcoolisme, formée parla fusion de la Société française de tempérance et de l'Union française antialcoolique! et servant de noyau à la Fédération antialcoolique, réclamée par le vomi unanime du premier Congrès national tenu à Paris en 190:5.

Il fut un des créateurs du Muser social, fondé par le comte de Chambrun ; Tun des promoteurs les plus ardents de V Alliance d'hygiène sociale, et Tun des membres les plus zélés de la Société d'économie sociale, issue de l'œuvre de Le Play, et dont il fut par trois fois président.

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