‹ Œuvres choisiesChapitre 139 sur 228 · L ORPHELIN DE L V CHINE · texte numérisé non relu

L ORPHELIN DE L V CHINE

mière partie de l'une comme de l'autre, il s’agit d’un enfant à sauver1 ». Dans l’une, c’est un enfant de grande famille; dans l’autre, celle de Voltaire, c’est l’héritier meme du trône impérial.

Voltaire a voulu ménager un contraste entre les mœurs des Chinois, si vertueux et si sages, et celles des Tartares, cruels et farouches. Il a voulu montrer un sauvage comme Gengis Khan, ébloui par l’éclat d’une civilisation supérieure.

« Voilà un grand exemple, écrit-il lui-même 2, de la supériorité naturelle que donnent la raison et le génie sur la force aveugle et barbare ; et les Tartares ont deux fois donné cet exemple, car lorsqu’ils ont conquis encore ce grand empire, au commencement du siècle passé, ils se sont soumis une seconde fois à la sagesse des vaincus ; et les deux peuples n’ont formé qu’une nation, gouvernée par les plus anciennes lois du monde : événement frappant qui a été le premier but de mon ouvrage. »

La pièce, très française en ce qu’elle est, comme l’auteur le marque dès le début, toute pleine d’amour, nous paraît surtout remarquable par la noblesse des sentiments 3. On en jugera par une courte analyse et quelques extraits.

Page 1