‹ Œuvres choisiesChapitre 23 sur 228 · VALÉR1US PUBL1COLA · texte numérisé non relu

VALÉR1US PUBL1COLA

Je vois tout le sénat passer à votre avis ;

Rome et vous l’ordonnez : à regret j’y souscris.

Licteurs, qu’on l’introduise ; et puisse sa présence N’apporter en ces lieux rien dont Rome s’offense !

Arons, introduit devant l'assemblée, cherche d’abord à flatter le sénat et à parler contre le peuple. Invité par Brutus à respecter les citoyens, il feint de plaindre les malheurs de Rome et tente de réveiller chez les sénateurs les sentiments de fidélité envers leur ancien roi. Il montre le Capitole et les autels où les Romains ont jadis prêté serment à Tarquin.— Mais, dit Brutus, c^est Tarquin lui-

(1) V. Notes gramm., p. 983, III, 4°.

(2) Ressorts. V. Lex.

VOLTAIRE

même qui par son injuste gouvernement a relevé les Romains de leur serment. Suit une discussion sur les droits des rois et des peuples.

Brutus prononce sur l’autel des imprécations contre celui qui regretterait les rois. Arons à son tour étend la main et déclare aux Romains une guerre éternelle. Il réclame la fille des Tarquins, retenue à Rome, ainsi que ses trésors. Brutus consent à rendre Tullie, il donne à l’ambassadeur un délai d’un jour pour retirer les trésors des Tarquins et il lui offre l’hospitalité de sa maison.

Les sénateurs montent au Capitole. Arons reçoit la visite de Messala, ami de Titus, qui est le fils aîné de Brutus. Messala, qui joue le rôle de traître, donne sur les dispositions des Romains des renseignements peu favorables aux projets d’Arons, mais Titus, dit-il, est mécontent et il aime Tullie. L'ambassadeur en conclut que le sort de Rome dépend du cœur d’un seul homme.

Acte IL — Titus, au désespoir du départ de Tullie, avoue devant Messala son amour pour la fille de Tarquin et sa haine pour le sénat. Messala l’excite dans ses sentiments et lui amène Arons. Titus reste insensible aux flatteries de l’ambassadeur; mais celui-ci provoque la jalousie du jeune Romain en disant que Tullie qu’il s’apprête à emmener, épousera le roi de Ligurie. Titus est troublé...

Acte III. — L’émissaire de Tarquin a réussi à former un complot. Le second fils de Brutus, jaloux de son aîgé, est parmi les conspirateurs; Arons fait intervenir Tullie auprès de Titus. Il a présenté à la jeune fille une lettre de Tarquin dans laquelle celui-ci s’engage à donner sa fille à Titus et à partager le sceptre avec lui. Le fils de Brutus déclare qu’il ne peut s’abaisser à trahir Rome et refuse le bonheur qu’il faudrait acheter au prix d’une infamie. Comme Tullie ne comprend pas son refus,1 "Titus lui dit :

« Eh bien, si vous m’aimez, ayez l’âme romaine. »

Acte IV. — Titus essuie encore un nouvel assaut d’Arons et de Messala; mais il a l’imprudence de vouloir dire un dernier adieu à Tullie. L’entrevue est des plus orageuses. Titus farouche ne sait plus ce qu’il veut. Tullie lui annonce qu’elle va se donner la mort. Le jeune homme l’arrête et lui promet de la suivre. Il appelle Messala, il est prêt à la trahison... Mais Brutus paraît : il vient chercher son fils pour défendre Rome contre ses ennemis.

Titus hésite un moment. Son père l'exhorte :

« Va, cesse de briguer une injuste faveur;

La place où je t’envoie est ton poste d’honneur;

Va, ce n’est qu’aux tyrans que tu dois ta colère :

De l’État et de toi je sens que je suis père.

Donne ton sang à Rome, et n’en exige rien;

Sois toujours un héros ; sois plus, sois citoyen.

Je touche, mon cher fils, au bout de ma carrière,

Tes triomphantes mains vont fermer ma paupière;

Mais, soutenu du tien, mon nom ne mourra plus ;

Je renaîtrai pour Rome et vivrai dans Titus. » (IV, 6.)

Valérius Publicola vient apprendre à Brutus qu’un complot a été formé.

Panlomu'Z-nou^graïid^ 1 >i:ct|x 1 fflc Peuple Romain A uHu li Umytems a oondalnmT Tari] ni u . * .... ......

Figure de Moreau le Jeune pour Bru tus (acte I, scène n )• (Œuvres, édition de Kehl, 1785-1789.)

Acte V. — Bratus informe les sénateurs que Tarquin allait par trahison rentrer dans Borne, si un esclave n’avait surpris les discours d’Arons et de Messàla. Ce dernier, arrêté, s’est donné la mort, emportant son secret avec lui et Brutus engage les sénateurs à se montrer impitoyables envers les coupables, quels qu’ils soient.

Arons est amené devant les sénateurs. En tramant une conspiration, il a perdu son caractère d’ambassadeur et sera traité comme un conjuré.

Brutus apprend la trahison de ses deux fils et doit décider de leur sort. Il ne peut croire à la culpabilité de son aîné, qu’accusent cependant par surcroît les dernières paroles de Tullie. Cette princesse, avant de se°frapper, a désigné Titus, qui conspirait par amour. Titus fait à son père sa confession. Il déclare que « son cœur a été coupable un moment », mais qu’àussitôt son remords a égalé sa faute et vengé son pays. Il veut mourir pour que son sort serve de leçon, mais il demande que son père lui ouvre ses bras. Brutus en effet condamne son fils, mais en l’embrassant.

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