BY THE REV. FR. V. J. ARUNDELL
COMPTE RENDU (t).
Les consuls et les chapelains de la compagnie anglaise du Levant, à Smyrneet à Constantinople, ont souvent entrepris la visite aux sept églises dont TApocalypse fait mention. La plus ancienne relation de Tétat des sept églises d'Asie est celle duD' Smith, chapelain à Constantinople; il partit de Smyrne le 3 avril 1671. En 1678, Paul Ricaut, consul à Smyrne, visita les sept églises accompagné du D' John Lukc ; leur relation ne vaut pas, à beaucoup près, celle de Smith ; et il est singulier qu'ils prétendent avoir découvert Thyatira et Laodicée," dont Smith avait déjà trouvé remplacement. Ed. ChishuU, en 1699, visita Éphfese, Sardes et Thyatira, et rassembla de gi^ands matériaux pour une histoire de Smyrne qui n'a jamais été publiée. William Sherard fit le même voyage en 1702. Pococke, en 1740, visita seulement trois des églises d'Asie. Chandler les visita toutes, excepté Pergame et Thyatira. Dallaway n'en vit que trois. En 1817, Lindsay les vit toutes les sept, et en publia une relation intéressante dans le Missionary Register. Les voyageurs anglais ne sont pas les seuls qui aient visité les sept églises : Tournefort, Van Egmont, Choiseul-Gouffier, entre autres, ont parcouru les contrées où elles étaient
(1) \Joum, des Savants, 1829, p. 683-692.]
situées; mais aucun ne les a -visitées toutes, parce que ce n'était pas précisément le but de leur voyage.
M. Arundell expose en ces termes les motifs de Texpédition qu'il a entreprise après tant d'autres voyageurs : « Outre le désir de voir des villes si chères au cœur du chrétien, puisqu'elles se rattachent au premier établissement de sa religion, et de comparer leur état actuel avec les tristes messages adressés à chacune d'elles, l'auteur de cet écrit voulait combiner avec ce voyage d'autres objets de recherches géographiques, indiqués dans le Journal diin voyage en Asie Mineure par le colonel Leaké, tels que l'emplacement de Colosses, d'Apamée et de Sagalassus. »
On s'attend, d'après ces paroles, à ce que l'ouvrage sera principalement géographique. Il a en effet presque exclusivement ce mérite ; la rédaction a toute la simplicité d'un itinéraire. L'auteur indique souvent les distances en heures et les changements de direction de la route ; détails dont le géographe ne se plaindra pas. Il y a de plus, dans la narration^ une foule de détails minutieux qui ne peuvent intéresser que le voyageur et ses amis. Elle est enflée d'un assez grand nombre de longues citations des précédents voyageurs, principalement de Chandler, qui semblent de ces extraits qu'on fait pour soi-même. Tout annonce que cet ouvrage n'était pas destiné à l'impression ; l'éditeur en prévient dans la préface ; il dit que M. A., en envoyant son manuscrit en Angleterre, était loin de penser qu'il fût digne de l'impression. L'éditeur a jugé que cette narration renfermait un assez bon nombre de détails neufs et de discussions intéressantes pour mériter de sortir de l'obscurité; il a cru devoir 4a donner telle qu'il la reçue, sauf quelques explications ou critiques de M. Leakc. I) demande donc l'indulgence pour un écrit que l'auteur aurait soigné davantage, s*il avait pensé qu'il dût êtrp mis sous les yeux du public. Nous laisserons en conséquence là forme, pour ne nous occuper que du fond. La visite aux sept églises a exigé deux voyages différents, dont le point de dépai'l commun fut la ville de Smyrne. Nous indiquerons successive-