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clairement du texte de Strabon que la plaine hyrcanienne était plus au midi, aux environs du Tmolus^ il parait qu'elle était d'une étendue considérable ; elle a pu comprendre aussi la vallée qui sépare le Tmolus du Sipyle, où sont les ruines parmi lesquelles le voyageur st trouvé Finscription susdite. M. Leake conjecture qu'elle a* été apportée là de Smyrne, dont le conventus juridicus renfermait les Hyrcaniens. Cela n'est pas probable, parce que l'inscription n'est pas une dédicace pure et simple. D'après le mot £TCe(7xeuaffev, on voit qu'il s'agît d'une réparation faite à quelque édifice public, et Ton ne comprend guère ce qui aurait engagé les habitants d'Hyrcania à faire un travail de ce genre dans une ville étrangère. Il semble donc que le contenu de l'inscription est une preuve assez claire de l'emplacement d'Hyrcania, preuve que ne contredisent pas formellement les deux passages des anciens relatifs à la plaine hyrcanienne. Si d'autres voyageurs font des recherches dans ce même endroit, ils doivent trouver quelque indice qui confirmera celui-ci. Il est à remarquer qu'aucun auteur ancien ne parle de cette ville d'Hyrcania. Dans le Bas Empire, elle était siège d'un évêché suflragant de Sardes.
Une observation que fait M. A., à la descente du Corax, sert à rectifier un trait de la géographie physique du pays. La rivière qui passe à Turbali, l'ancienne Métropolis, tombe dans le Caystre. Avant d'arriver à Métropolis, on trouve un lieu dont le nom Frigatta est dû sans doute à quelque Franc ; là, M. A. copia sur une colonne une dédicace à l'empereur Adrien. De Métropolis il ne reste que quelques débris de murs, plusieurs voûtes sépulcrales et l'emplacement d'un théâtre, dont tous les sièges ont été enlevés; quatre inscriptions frustes ou de peu d'intérêt sont tout ce que M. A. en a rapporté (1). De là, une plaine magnifique s'étend jusqu'au Caystre, tout près duquel est la ville d'Aiasoluk^ l'ancienne
(1) L'une d'elles contient les noms d'une famille sacerdotale attachée au culte des douze dieux. l\ faut la lire ainsi : lepeùc Sa>$ex[a 6e]fi>v NT)peù(; Nt)pI6)ç, Mpcia 'AvaToXti, ôidtxovot KajiTcàc AyjjiYjxpiou, xa\ Mevexparri;' hpeù; fStojSexa Ôeûv, Nr|[peù]; 'ApTé(ia toO Nrjpicix;, UpEia 'EXi:\ç, yj (lïjTrip toO lepétoç, ôidxovoç Tv/^i, Ôiàxovoi 'Apté|jLaç xa\ *EX7tiÔYi<p6poç, ot à5eX?o\ toO lepswç.
PAR V.-J. ARUNDELL. 33i
Éphèse. Ce lieu a été visité par beaucoup de voyageurs ; il est décrit avec tant de détails par Chandler, que M. A. ne peut rien nous apprendre de nouveau sur Tétat de désolation do ce lieu, jadis si florissant. Il se contente d'emprunter seize pages i ce voyageur.
De là, notre voyageur, continuant sa route au sud, parvint à Inekbazar, qui est Fancienne Magnesia ad ifenandrum^ comme Ta très bi^û établi M. le colonel Leake ; on y voit encore les ruines du temple de Diane Leucophryne. II remonta le Méandre en passant à Guzel-Hissar, Tancicnnc TralleSy où sont encore de belles ruines, et arriva à Pambouk- Kalesi, l'ancienne Bierapolts, située sur un plateau très élevé au-dessus de la plaine, près du Lycus, un des affluents du Méandre. Outre une multitude de sarcophages couverts d'inscriptions, on voit encore en ce lieu des restes de murs, d'une colonnade, d'un arc de triomphe, d'un théâtre et d'un gymnase, dont M. Cockerell a relevé le plan. De l'autre côté du Lycus et à peu de distance, est Eski-Hissar, Laodicée, dont le site est remarquable par le grand nombre de débris d'antiquités épars sur le sol, et en partie enfouis. L'opulence de cette ancienne ville' et les fréquents tremblements de terre auxquels elle a été sujette, rendent probable que de précieux monuments de sculpture sont cachés sous le sol. Tout près cstDenizli, ville moderne assez considérable, que quelques voyageurs ont comparée à Damas« Les approches de Khonas rappellent les beaux sites d'Italie ; on ne doute plus maintenant que ce lieu ne soit Tancienne Golosss, ville célèbre dans les annales de notre religion. Nicétas, au xn^ siècle, la présente encore comme une ville très florissante ; ce n'est plus maintenant qu'un village, où l'on voit un grand nombre de débris antiques qui mériteraient une longue exploration. Notre voyageur parcourut les bords du Lycus pour y trouver lo gouffre, xa(j[jia ^ijç, où, selon Hérodote, le Lycus se précipite pour reparaître cinq stades plus loin; mais ses recherches furent inutiles.
De Khonas il tourna au N.-Ë. pour gagner Apamée. A moitié
chemin, on longe un lac appelé Hagi Ghioul (le lac amer), qui est certainement le lac salé qu'Hérodote place auprès d'Anava. Cette indication diffère de celle que M. Leake a suivie dans sa carte, où il place le Hagi Ghioul plus au midi. La petite ville de Dinate est Apamée Cibolos, auparavant Celœnœ; cette identité a été reconnue par Pococke et Ghandlcr, et M. Leake Ta établie par plusieurs rapprochements géogra- . phiques. Parmi le grand nombre d'inscriptions antiques qui s'y trouvent, M. A. en a vainement cherché qui confirmassent cette opinion ; mais elle n'en est pas moins indubitable. Ce voyageur, d'après une inscription grecque qu'il a trouvée, croit que ce lieu est l'emplacement d'ApoUonia de Pisidie.
OAHMOIOAnOAAnNIATflN 'O l%)^o^ h 'AxoXXwvarclr/
TnNAnOPYNAAKOYETEIMH tôv ckà *Puv3axôu hvw
2ENTIBEPI0NKAYAI0NTIBE aev Tt6épiôv KXauôi^ Ties-
PlOYYIONKPEINAMiePIAATHN p(du uicv Kupefva MiSpiSirT;^
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nPOITATHNKAIEYEPrETHNAlA ^pd^iTtiv xal ùt^irr^, 3Ù
THNKAOrnNKAlHeEPANHIN ^v ex Xiywv xat ffizK k^îxr^,
KAlAlAYHNnPOIAYTONEYNOI y.«l 8ti ttjv i:pàç auTov eW-
ANTHNEniMEAEIANnOlHZAME av, ty}v â^tiJiéXetav r.z^T^7^'
NOYrHITOYANAPIANTOIANAI vdu tîjç xou ôvîpiiyTsç ivw-
TAIEniZENnNAIAnOAAnNIOY -cijewç Eévwvôç 'AiriXXuvb ANAPOIKPATIITOYinNnOAEITnN avSpèç xpaTC^rou tôv «Xew'
Cette inscription fait mention en effet des honneurs rendus par le peuple d'ApoUonia à un particulier nommé Tibère Claude Mithridate, grand pi'être d'Asie, mais M. A. n'a pas remarqué qu'il s'agit d'ApoUonia du Rhyndacus, qui devait être à 50 ou 60 lieues plus au nord. Ce Mithridate, étant d' Apamée, aura voulu placer dans sa patrie la preuve des honneurs qu'il devait à la reconnaissance des Apolloniates de Mysie. Cette inscription ne peut rien prouver pour la situation de la ville. Parmi d'autres inscriptions, on en distingue deux relatives à la consécration de Matidic et de sa mère Marciana,
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sœur de Trajan (1). Elles sont toutes les deux conçues de la même manière, et ont dû être tracées en même temps, puisqu'elles Tont été sous le même argyrotame.Les deux princesses y portent le litre ai Auguste^ ce qui en détermine la date.
Notre voyageur a copié quelques fragments d'inscriptions qui paraissent avoir eu pour objet d'exprimer la reconnaissance de la ville pour un empereur, peut-être Tibère, qui remit les contributions pour cinq ans à Apamée et à douze autres villes de l'Asie Mineure, ravagées par des tremblements de terre (2).
De Dinaro, notre voyageur, se dirigeant au S.-E., se rendit à Isbarta, ville assez considérable, qu'il croit être l'ancienne Anlioche de Pisidie, ce qui est fort incertain. Ce qui l'est moins, c'est que le lieu appelé Aglason, village de cent maisons au midi d'Isbarta, f>{ysiSagalassus : outre la ressemblance des noms (Hiéroclès l'appelle Agalassos)^ un fragment d'inscription que M. A. y a découvert porle HZArAAAAZZEHN nOAIZ, ce qui décide la question. Les ruines de l'ancienne ville sont situées sur un plateau; ce sont d'anciens murs, un
(1) Voici celle qui est relative à Marciaua :
MAPKAN2EBA2 MapxtavV (re6a(TT>,v
HB0YAHKAI0AHM02 ^ Pou>^ xa\ 6 8î,ploç
KA0H . P£2 AETTI xaeiépaxrev, im-
MEAH0ENTO2MAP i^sX^oévToç Map
KOYATTAAOYAPrr xou ÀTxaXoy àpyu
POTAMIOTTEinO poraitCou T7i« TCO
AEHZ ^Êw;.
La leçon MAPKAN est certainement fautive pour MAPKIANIIN. Jusqu'au sixième consulat de Trajan (an HI de J.-C.)f Matidie ne porte qtie le titre de AVGVSTl FILIA (Eckhell, Doctr. Numm», VI, 470). On ne sait pas au juste la date de la mort de Marciana; mais elle était déjà morte en 114 {id., p. 468, 469). C'est entre ces deux limites que se place Tépoque de cette consécration des deux princesses.
(2) L'un de ces fragments commence par ces deux lignes :
EITINHTGYOEIOTATOYKAlIAPOirENEeAlOI...
nANinNAPXHIlIHN
qui peuvent être lues ainsi : Iœt'iv yj toO Oeioxatou xai'aapo; YevéOXto; [aYûtôûvJ «oXXôv àpxt)Yb«, t\v—> comme dans Tinscription de Rosette ... etcwv^Sjxou; (r,|jL£pa;) at 8fj iroXX&v «T^Oûv «px^lT^i «î^*v (1. 47).
a34 LES SEPT ÉGLISES D'ASIE,
théâtre, un portique de 300 pieds de long, un gymnase, et une ' multitude de fragments de colonnes, d'entablements, de marbres inscrits, que notre voyageur n'eut pas le temps de copier; ce qu'il en a rapporté se borne à des fragments sans suite ; il y a aussi des inscriptions funéraires, dont une, en vers, concerne un athlète ; d'autres sont honorifiques. Le théâtre est encore mieux conservé que ceux d'Hiéropolis et de Laodicée. « Il me sembla, dit M. A., que ce théâtre avait servi la veille; je me le figurais encore tout couvert de la foule qu'il avait contenue. Les gradins, au nombre de quarante, sont presque aussi intacts que lorsqu'ils servaient ; une portion du proscenium et les entrées sont presque en aussi bon état. L'orchestre était couvert de neige, de même qu'un grand monceau de pierres attenant au proscenium. Nous vîmes un bon nombre d'ornements d'architecture d'une excellente exécution; nous n'aperçûmes ni bas -reliefs* ni inscriptions. Nous n'avions aucun moyen de déterminer le diamètre extérieur ; mais l'intérieur devait être de 93 pieds, et le pulpitum de 86. Dans le pulpitum, il y avait une porte centrale de 13 pieds de haut sur 9 de large, et deux petites portes de chaque côté. Des portes du pulpitum, il y avait quatre degrés pour descendre dans l'orchestre. En ce moment, il n'y avait d'autres acteurs qu'un renard et une couvée de perdrix rouges. » M. A. est, je crois, le premier Em'opéen qui, depuis Paul Lucas, ait passé dans ce lieu. Ce qu'il en a rapporté doit suffire pour donner à quelque voyageur le désir de marcher sur ses traces ; une riche moisson de découvertes l'attend en ce lieu. Sagalassus fut le point extrême de la course de notre voyageur vers l'orient. Il revint à l'ouest, en suivant une route dfTérente. de celle qu'il avait suivie en allant. Elle n'offre rien de remarquable jusqu'à Philadelphie, maintenant Alah-Sher. Cette ville, si souvent visitée des voyageurs modernes, ne fournit à M. A. l'occasion d'aucune observation importante ; nous devons en dire autant de Sardes et de Thyatira, dont il décrit le site et les monuments d'après Chandlcr, Leake et Cockerell. Entre Sardes et Thyatira est situé Murenora, qui doit être sur l'emplacement d'une ancienne