SUR LES PARTIS POLITIQUES, ETC
que leur fortune n'y perdrait point ; mais partout le cri public était : A bas les courtisans et les soldats *\ Les armes du protecteur^ mises sur la porte de Thôtel de Sommerset, furent couvertes de boue à sa mort.
Richard Cromwell n'eut pas le courage de continuer la tyrannie, et il déplut aux officiers; il fut déposé; Tarmée se divisa , et les patriotes se rallièrent ; des mouvements se préparaient : alors les officiers songèrent à renouer le pacte déjà tenté en vain avec Charles II et les royalistes. Fleetwood, .gendre de Cromwell, et plusieurs autres en eurent l'idée^. George Monck l'exécuta.
Monck , transfuge de l'armée royale , puis créature de Cromwell , réussit dans cette entreprise , à force de secret et de mensonges, a Sa politique, dit M. Villemain, fut une profusion de faux serments; on doit méaie avouer qu'il poussa jusqu'à l'excès la précaution du parjure'. Pendant qu'il conduisait ses manœuvres, il répétait à Ludlow: «Il faut vivre et mourir pour la république; » et, mettant sa main dans celle de l'inflexible Haslerig, il jurait de s'opposer à l'élévation dé Charles Stuart et de tout autre *.
On trouve, dans l'ouvrage de M. Villemain, une grande vérité de caractères, et le talent de faire ressortir à propos des faits encore inaperçus. Par exemple , on lui doit d'avoir remarqué le premier que les épithètes odieuses de factieux abominables , d'hofntnes capables de tous les crimes et dignes de tous les mépris, dont les historiens les plus philosophes ont qualifié le parti des niveleurs^ sont des productions de l'esprit de Cromwell , et l'accompagnement ordinaire d'insultes dont il poursuivait ceux qui lui résistaient, en les envoyant à la mort. C'est de sa bouche que ces mots ont passé dans l'histoire '. M. Villemain a découvert encore que la dénomina* tion d* insensés et de fanatiques, dont Hume et Voltaire ne craignent pas de flétrir les plus respectables patriotes, est proprement de l'invention de Monck ; que c^ fut lui qui la proféra le premier, et qui la mit à la mode pour aider à la restauration*.
L'Histoire de Cromwell est écrite d'un style grave , clair, élégant, sans aucune mollesse. Elle a le mérite entièrement neuf d'être composée d'après les mémoires et les documents originaux , et de reproduire la couleur de l'époque avec une parfaite exactitude. On pour-
» Histoire de Cromwell, t H, p. 156. — ' Ibid., p. 3M. - ^ Ibid., p. 456. — « Ibid., p. 288. - *:lbid., p. 373. - • ibid., p. 376.
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rait y désirer plus de précision et d'unité dans les vues politiques; mais, à notre avis , il n'existe aucun ouvrage qui présente un tableau aussi complet et donne une idée aussi juste de la grande révolution de 1640.
SUR LA VIE DU COLOIfEL HUTCHIRSOll , ■BMBftB D0 LORG PARLgMBRT
Écrite par sa veave, Lacie Apsdey ■.
» ERS le milieu du xiv« siècle , vingt chevaliers anglais , V revenant ensemble des guerres de Flandre, traver- : saient la France pour se rendre en Aquitaine. Arrivés |près de Meaux, ils rencontrèrent sur leur passage une I de ces troupes de paysans qui se soulevaient alors contre les maîtres du sol pour les conti*aindre à la justice. Les nobles anglais, au lieu de passer outre, se crurent obligés d'épargner aux seigneurs du lieu la peine de massacrer des serfs rebelles : ils s'élancèrent, avec leurs chevaux de bataille et leurs armures complètes , au milieu de ces hommes presque sans armes; ils en tuèrent un grand nombre, et poursuivirent leur route, dit le chroniqueur naïf, en se félicitant des beaux coups de lance qu'ils avaient faits pour les dames.
Ainsi, malgré leurs querelles, les nobles de tous les pays se croyaient frères, et le gentilhomme était, avant tout, de la nation des gentilshommes. Hommes de la liberté , nous de même , nous sommes, avant tout, de la nation des hommes libres; et ceux qui , loin de notre pays, luttent pour l'indépendance, et ceux qui, loin de notre pays, sont morts pour elle , sont nos frères et nos héros.
A ce titre, ta vie du colonel Hutchinson , patriote anglais de ^640, nous appartient comme à l'Angleterre; car c'est notre cause qui se débattait dans la guerre que Charles l^ déclara au parlement ; c'est pour rendre témoignage à notre cause qu'ont péri Hambden, Sydney, Henri Vane et le colonel Hutchinson lui-m6me. Ses mémoires, k>ng-
I Géniteur Européen dti 47 avril 4830.