‹ Œuvres complètes (volume 3)Chapitre 20 sur 91 · M£MBRB DU LONG PARLEMENT · texte numérisé non relu

M£MBRB DU LONG PARLEMENT

eût envoyé ses satellites pour s'emparer du patriote , la mort vint le surprendre Itti-méme; et, InentlH après, la restauration fit passer en de nouvelles mains l'héritage de son pouvoir et de ses vengeances. Ceux que Cromwell avait haïs furent cités à comparaître devant les courtisans de Cromweil, travestis en juges royaux; plusieurs furent condamnés à perdre la vie , soit comme juges du dernier roi , soit comme patriotes trop incorrigibles', beaucoup furent bannis et dépouillés de leurs biens; le colonel Hutchinson fut excepté de toutes ces sentences ; « mais , dit l'auteur des mémoires , il se plaignait amèrement d'être épargné dans ce jour fatal, où la cause à laquelle il avait dévoué sa vie était trahie et condamnée. Il se regardait comme jugé, comme exécuté lui-même dans la personne de ses nmis. Quoique reconnaissant envers Dieu de sa délivrance , il ne savait s'il devait l'accepter : « Jamais , disait-iJ à sa femme , dont les soins et les démarche^ empressées avaient contribué à écarter de lui ce péril Jamais vous n'avez rien fait qui m'ait déplu davantage. » Sans les pleurs de^ sa famille, il se fût livré volontairement à la mort: une seule pensée le déterminait à supporter la vie, c'est qu'il croyait ses jours réservés pour de plus éclatants sacnfices.

Quand Charles II, pour ne pas fausser trop impudenmient sa parole , avait proposé une loi d'amnistie qui bornait le cercle des représailles que ta restauration devait exercer, il avait dit en con* fidence à la chambre des lords qu'on emploierait d'autres moyens pour se défaire des patriotes intraitables. Ces paroles eurent leur effet : après un an de repos, le colonel Hutchinson fut enlevé de sa maison de campagne , et conduit à la Tour de Londres, il denaaoda coranumication de l'ordre en vertu duquel il se trouvait emprisonné; on lui répondit par un refus; et tout ce qu'il put apprendre, c'est qu'une dépèche ministérielle avait enjoint au gouverneur de la pnv vince où il résidait de le comprendre dans une conspiration quelconque. Le colonel, condamné sans motif à une détention sans terme, défendit à sa femme et à ses amis de faire aucune démarche pour sa délivrance. « Me voilà heureux , disaitril , je ne dois plus rien à ces hommes; ils m'avaient lié les mains en m'épargnant; leur injustice me rend la liberté. Je n'ai plus à prendre conseil que de mon courage et de ma prudence, d II semblait que son malheur l'eût débarrassé d'un fardeau pénible, et sa gaieté naturelle s'en augmentait. Quand il voyait sa femme s'attendrir sur lui et pleurer : « Eh bien, lui

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