QUI DIVISK LA NATION FRANÇAISE
fait grave ^i triste, que nous voulons nous cacher, et qui revient incewamnoent è notre vue, parce que nous ne le détruisons pas ep le mant.
Nous croyons être une nation, et nous sommes deux nations sm^ la même terre , deux nations ennemies dans leurs souvenirs, incon-^ ciliables dans leurs projets : Tune a autrefois conquis l'autre; et ses desseins , ses vœux éternels sont le rajeunissement de cette vieille conquête énervée par le temps, par le courage des vaincus et par la raison humaine. La raison , qui fait rougir le ipattre de rabais* lieœent où il tient son esclave, a détaché graduellement de ce peuple tout ce qu'il avait d'Ames généreuses et d'esprits droits ; ces transr fuges vers la meilleure cause en ont été les plus nobles soutiens ; et nous, fils defi vaincus, ce sont de pareils chefs que nous voyons encore à notre tête. Mais le reste, aussi étranger à nos affections et à nos mœurs que s'il était venu d'hier parmi nous, aus^i sourd à nos paroles de liberté et iti paix que si notre langage lui était inconnu i comme le langage de nos aïeux l'était aux siens, le reste suit S4 route sans s'occuper de la nôtre. Quand nous essayons plan sur plan pour un établissement commun, quand nous nous efforçons dç perdre la mémoire et d'embrasser dans une vaste union tout ce qui vit sur le sol de U France, ils se lèvent pour nous démentir, et, ralliés k l'écart, ils se rient entre eux de nos désappointements continueis^
L'Amérique a rejeté hors de son sein la nation qui s'y prétendait maîtresse , et c'est depuis ce jour qu'elle est libre. Nos pères ont plus d'une fois médité la même entreprise, plus d'une fois la vieille terre des Gaules a tremblé sous les pieds de ses vainqueurs; mais, soit que la fotigue de ces luttes ait surpassé les forces de nos aïeux , aoit que la violence ait répugné à leur caractère dpux et paisible, ils ont bientôt suivi d'autres lois. Au lieu de repousser la conquête, i)s l'ont reniée, croyant qu'en l'oubliant eux-inémes il la feraieut oublier à d'autres, La servitude, fille de l'invasion arniée, fut imputée par eux à une civilisation eucore imparfaite; vainqueurs et vain^gs, maîtres et sujets, ils n'ont vu dans tous qu'un même peuple, don| les uns étaient arrivés de meilleure heure h la liberté et au bonbe|;r, afin de frayer et de monlirer la route.
Us appelèrent société , ils appelèrent amitié les services conquis à la pointe du glaive et exigés sans nul retour, a II y a trois classes, disaient-ils, qui concourent diversement au bien de l'état commun :