U ÉPISODE DE L'HISTOIRE DE BRETAGNE
soit enterré avec les cérémonies de TÉglise, comme ceux des Fratiks morts dans ie combat ^ La même nouvelle, mais lugubre cette fois, parcourt les lieux sauvages où les Bretons se sont retirés. Des voix crient de toutes parts : « Le roi est mort ^ notre Morvan est mort a atteint pai* la lance d'un Frailk^ malheureux , nous n'avons plus i qu'à nous soumettre , pourvu que César nous laisse la vie '. » Ainsi contraints par la Nécessité ^ les Bretons demandent à rentrer sous le pouvoir de Tempereur } les fils de Morvan et tous les homnies de sa parenté viennent les premiers. Ensuite Tempereur Lodewig reçoit Thommage et le serment des chefs de tous les cantons de la Brotagne } il leur donne sa foi et ses ordres , et rend la paix au pays. Enfin y par de solennelles actions de grâces , il remercie Dieu de sa victoire et dé ce qu'il â réuni à son empire un royaume longteoips perdu '. »
Les feits de ce curieux récit sont de l'année 818 , et, en 822, les Bretons , s'étant donné un nouveau généralissime, recommencèrent la guerre contre les Franks. En 824, Louis le Débonnaire fut obligé de faire en Bretagne une seconde expédition qui fut heureuse et inutile comme la première. Le successeur de Morvan , Guiomareb, mit bas les armes, fit le serment d'obéissance et se révolta presque
I Caesar al ipse plus telluri more cadaver
Iniponi miserans pro pietate Jubet.
Corpora FraDcoinim mandantur namqne sepalero , More pio , hymoîs munere rite dalla.
(Ermoldi Nigelli carmen, apud script, rer. gallic. et franclc, t. VI, p. 47.)
' Altéra fiama farit Brittonam lustra pererrans ,
Voce tonal : « Regem sors tolil atra nimis. Heu miseri elves conçu rrite, Cssaris almi
Quœrere jura decel , dum modo vita dalur. M urman noster obil fraucisco cuspide taoUis.-. »
(Ibid.) 3 Moi Hludovicus ovans recipit britlonica Jura,
Dat jus , dalque fidem , pax requiesque dalur. Inde Oeo grates \iclor persolvil opimaa. Imperio social perdila régna diu.
( Ibid.) Le recueil de chants populaires, en langue bretonne, publié par M. de la Villemarque, prouve que le souvenir de Morvan, surnommé LeZ'BreU^ c'est-à-dire soutien de la Bretagne, est encore vivant dans ce pays. Des six ballades qui se chantent à sa louange, deux sont relatives aux événements racontée par le poète contemporain. Je les donne à la fin de ce volume, Appendice no* 1 et II. On verra comment la tradition populaire a conservé l'esprit en altérant les faits de cette histoire, et quelle étrange légende palrioUque s'est formée de detix circonstances de la mort du héros breton : sa tête coupée par l'ennemi, et lavée dans l'eau par un moine. (Note de la6« édition.)