‹ Œuvres complètesChapitre 11 sur 91 · INTRODUCTION. XXXI · texte numérisé non relu

INTRODUCTION. XXXI

leur rôle dans Thistoire ! ils n'ont pas fait un gouvernement, ils ont fait une révolution. La première république française est une crise, ce n'est pas un gouvernement. Dès que l'œuvre de destruction est accomplie, la crise diminue peu à peu, et finit par se résoudre en un gouvernement régulier, qui n'a cessé ^ d'être, de durer, de grandir, de se développer et de couvrir la France de toute espèce de biens et de prospérités pendant cinquante années. En effet, l'eish pire est une monarchie constitutionnelle , comme la restauration, comme le gouvernement de jtullet. Entre les constitutions de Tan vin , la charte de 1814 et celle de 1830, il n'y a guère que des nuances ; ce sont les monarques surtout qui ont différé. La monarchie constitutionnelle est si bien le gouvernement nécessaire de la France, qu'à travers tous les changements qui ont mis sur le trône des personnages si opposés, dans des temps si dissemblables , dans des situations si contraires, dans ce flux et ce reflux des événements les plus extraordinaires , parmi ces chutes et ces élévations également prodigieuses , sur les ruines de tant de grandeurs écoulées , la monarchie constitutionnelle est deiA^urée presque inviolable , suivant le . progrès des temps et de la civilisation, se perfectionnant sans cesse et survivant à toutes les dynasties. A. J parler exactement , il faut dire qu'elle a été le seul gouvernement de la France depuis la fin de la révolution; elle seule a vécu et duré; la république n'a été qu'une négation, et elle ne peut être autre chose. La révolution française a deux faces différentes qu'elle montre tour à tour à l'univers étonné* Elle est

XXXII DITRODUGTION.

tour à tour bienfaisante ou terrible , selon les obsta^ clés ou les facilités qu'elle rencontre. La révolution organisée , c'est la monarchie constitutionnelle ; la révolution à l'état de crise, c'est la république. La république est la face sinistre de la révolution. A-t-elIe à détruire un monde vieilli et à fonder un monde nouveau , la révolution s'appelle la république ; elle porte une torche et un glaive, elle met sur sa tête un bonnet rouge, et lave dans le sang les souillures accumulées des siècles; puis, quand tout cela est achevé, elle rentre sous terre, et fait place à des parlements librement élus et à des rois librement choisis. Grâce à Dieu , cette terrible apparition n'a eu lieu qu'une seule fois parmi nous, parce qu'une fois seulement il y avait une société à détruire et une société à fonder; mais la société nouvelle une fois établie et maltresse du sol, des mœurs et des lois, il n'était plus besoin que d'évocations rares et passagères du spectre redoutable. La dernière que nous subissons encore est

jm avertissement solennel donné aux rois et aux peuples : aux rois , de bien savoir qu'ils sont les instruments d'un progrès continu, qu'on n'empêche les ré-

( volutions que par les réformes , et que c'en est fait des idées particulières et des systèmes personnels des princes devant l'intérêt et la volonté des nations ; aux peuples , que les gouvernements libres exigent des mœurs publiques, qu'on doit être digne de la monarchie constitutionnelle pour la conserver, qu'il faut savoir réclamer à la fois et le même jour des réformes légitimes et réprimer des émeutes criminelles; qu'enfin le gouvernement représentatif n'est pas une tente

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