‹ Œuvres complètesChapitre 12 sur 91 · INTRODUCTION. XXXIII · texte numérisé non relu

INTRODUCTION. XXXIII

une fois dressée, comme l'a dit M. Royer-Collard , pour s'y endormir dans les délices de la vie privée et rinsouciance des intérêts généraux , mais qu'il faut veiller, qu'il faut combattre, qu'il faut maintenir sans cesse à la sueur de son front les monuments du tra« vail de nos pères et les transmettre à nos enfants agrandis et perfectionnés.

Ceci m'amène à m'expliquer sur la conduite imposée aux gouvernements depuis la révolution française, sur les maximes qu'ils doivent suivre, sur les causes qui les soutiennent et qui les précipitent.

Les moyens de gouverner les hommes changent perpétuellement; ils ne manquent jamais. Le génie du gouvernement consiste aies discerner et à les mettre en œuvre. Tant qu'une nation n'est pas éteinte, elle a des sentiments, des idées, des intérêts auxquels elle tient avec plus ou moins de passion. Associezvous à ces intérêts, à ces idées, à ces sentiments, vous lui gagnez le cœur et pouvez la conduire. On ne gouverne les hommes qu'en les servant ; la règle est sans exception. A toute époque, il y a un certain esprit général qu'il faut seconder pour qu'il nous seconde à son tour. Chaque siècle, chaque pays, chaque situation a ses conditions de succès. Que diriez-vous d'un homme d'État qui, dans l'antiquité, après la guerre médique, quand Athènes était pleine d'elle-même et enivrée de l'orgueil de ,ses exploits, aurait entrepris d'y restaurer la monarchie au nom des plus savantes théories? Ou bien imaginez saint Paul venant y pré-

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