INTRODUCTION. XLIII
ration, prit au sérieux la cbarte, et il y eut là» de 1817 à 1821 1 de belles années, animées et paisibles, où le gouvernement et la nation se donnèrent la main et ofDrirent à r£urope un noble spectacle. Interrompu pendant quelque temps , sous le ministère qui fit la guerre d'Espagne pour obéir aux puissances du Nord, leva sur la nation le milliard de Témigration, proposa le rétablissement du droit d'aînesse et l'odieuse loi du sacrilège , ce spectacle recommence après les élections de 1827. La France victorieuse se contente d'un changement de ministère fait à propos; elle désarme, elle s'apaise, et, dès que son gouvernement n'est plus contre elle , elle est avec son gouvernement. Elle était ministérielle sous M. de Martîgnac, et, tranquille sur son honneur et sur sa liberté, elle ne pensait qu'au travail, au commerce, à l'industrie ; elle applaudissait k l'expédition de Grèce et se livrait avec enthousiasme aux arts qui charment la vie , aux grandes études qui l'ennoblissent. Elle soutenait tous les hommes qui se distinguaient par un libéralisme nu)déré. Une popularité sérieuse s'étendait jusque sur les humbles cours de trois professeurs bien connus pour appartenir au parti constitutionnel. M. Royer-CoUard , élu par ses collègues et président de la chambre des députés , était le représentant de l'opinion générale.
Qui a troublé cet heureux accord du gouvernement et de la nation?. qui a ranimé et soulevé les passions? qui a appelé aux armes une jeunesse studieuse? qui a fait la révolution de 1830?
Ce qui a fait la révolution de 1830, c'est le mini-