INTRODUCTION
C'est pousser un peu loin peut-être le luxe des œuvres complètes que de tirer des archives du Moni^ teur, où ils étaient, ce semble, fort convenablement ensevelis , des Discours prononcés à la tribune de la chambre des pairs, et qui ont perdu le peu d'importance qu'ils ont pu avoir autrefois par leur rapport au mouvement général des affaires et des partis avant le 24 février 1848. Dépuis, tout a changé, la situation , les questions, les choses, les hommes, et ces discours ne s'adressent aujourd'hui à personne. Si je les rappelle, ce n'est assurément pas par amour-propre, car cet amour-propre serait bien trompé : c'est pour me rendre compte à moi-même, et au bien petit nombre de lecteurs qui peuvent s'intéresser à ce que j'écris, des sentiments qui m'animaient à cette époque déjà si loin de nous, et des opinions que j'ai portées dans ce que j'ose à peine appeler ma carrière politique. Ces sentiments, je les ai toujours; les opinions que j'ai soutenues reposaient dans mon esprit et dans mon âme sur de trop fermes fondements pour qu'un jour ait pu les ébranler , et me jeter, vivant, dans ce néant, dans ce chaos , dans cette confusion lamentable où la France est tombée et s'agite douloureusement. Je le déclare ou le confesse : je suis ce que j'étais le 23 fé«