‹ Œuvres complètesChapitre 3 sur 91 · II INTRODUCTION · texte numérisé non relu

II INTRODUCTION

vrier 1848, et la tragique expérience qui est intervenue, loin d'affaiblir, n'a fait que fortifier en moi les principes que j'ai tant de fois exprimés et défendus ^ soit au pouvoir, soit dans l'opposition. Grâce à Dieu , je ne les ai pas perdus en perdant le reste. Dans la nuit qui s'est faite autour de nous, ils sont encore, à mes yeux , l'étoile qui guide les sociétés modernes , et donne à leurs mouvements les plus désordonnés en apparence un objet certain et bienfaisant; ils dominent tontes les formes de gouvernement, et en même temps ils déterminent celle qui convient le mieux à la France et à l'Europe ; enfin ils prescrivent à tous les gouvernements la seule conduite qui les peut soutenir en satisfaisant aux besoins et aux vœux légitimes des peuples. C'est sous ces divers aspects que je veux les considérer rapidement , et leur rendre un dernier et fidèle témoignage.

Mes principes politiques^ne sont pas longs à expo*ser. Je ne les emprunte point à un système abstrait et arbitraire éclos dans les rêves d'un solitaire ; je les tire du foyer même de la réalité la plus vive , de la conscience populaire : ils se réduisent à l'intelligence et à l'amour de la révolution française.

Je suis né avec la révolution française. Dès que mes yeux se sont ouverts , j'ai vu flotter son drapeau, tour à tour sombre et glorieux. J'ai appris à lire dans ses chansons : ses fêtes ont été celles de mon enfance. A dix ans , je savais les noms de ses héros. J'entends encore au Ghamp-de-Mars et sur la place Vendôme

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