LU INTRODUCTION
que je n'ose plus même rappeler. Le duc d'Orléans , héritier présomptif du trône et chargé des destinées de sa maison j avec les mêmes sentiments, était appelé à un rôle différent. Il n'eût pas hésité à porter au roi et à appuyer énergiquement auprès de lui les inquiétudes croissantes de ses vrais amis et les vœux de la nation. Au besoin il eût pris les rênes du gouvernement , et de son vivant il n'y eût point eu de révolution de février. Sa triste pénétration l'avait comme pressentie, et son testament fait assez voir de quelles graves et sombres pensées s'entretenait son esprits
Du moins, en mourant, il avait laissé une âme digne de la sienne , pénétrée des mêmes convictions, pure et forte, sérieuse et libérale , aimant la France, en étant aimée et honorée , capable des résolution^ les plus mâles et de la conduite la plus prudente. On au* rait pu donner une voix à M*"' la duchesse d'Orléans dans les conseils de sa maison , car enfin elle était la mère du futur roi , et son esprit comme son caractère méritaient bien qu'on daignât lui accorder un peu d'influence. Elle ne fut jamais consultée; on l'écartait des affaires et de la politique; on la retenait captive
* Revue Rétrospective, n'** 32 et 33. Appendice. Testament du duc d'Orléans. « Que le comte de Paris soit un de ces instruments brisés ayant qu'ils aient seryi, ou qu'il devienne l'un des ouvriers de cette régénération sociale qu'on n'entrevoit encore qu*à travers de grands obstacles et peut-être des flots de sang; qu'il soit roi ou qu'il demeure défenseur inconnu et obscur d'une cause à laquelle nous appartenons tous, il faut qu'il soit avant tout un homme de son temps et de la nation ; qu'il soit catholique, et défenseur passionné, exclusif, de la France et de la révolution. »