‹ Œuvres complètesChapitre 22 sur 91 · INTRODUCTION. LI · texte numérisé non relu

INTRODUCTION. LI

eu que des ministères incomplets , et ce n'était pas par là qu'ils déplaisaient au roi : il n'était pas (ftché qu'ils dépendissent d'autant plus de lui. Il avait toujours eu la passion de conduire lui-môme le gouver*nement , et là^dessus il s'exprimait comme aurait pu le faire Louis XIV. Il n'a jamais songé à sortir de là] constitution; jamais il n'eût signé les ordonnances du j roi Charles X ; il n'en eût pas eu besoin. Il connaissait et pratiquait un art plus profond de faire triompher ses opinions, son système, le système du roi, comme il se plaisait-trop à l'appeler. Il aimait les hommes à lui ; U en avait dans l'une et dans l'autre chambre. " Plus de cinquante députés appartenaient avant tout au parti du roi , et il les prétait plus ou moins à ses ministres. A la chambre des pairs, il avait ses orateurs qui paraissaient dans les occasions délicates , et je les ai reconnus plus d'une fois k mes dépens , par exem*> pie dans la grande discussion de 1844 sur l'enseigne^ ment.

Un seul homme en France imposait au roi , et cet homme était M. le duc d'Orléans. Ce jeune et infor** tuné prince avait des instincts tout différents de ceux de son père, et souvent il les opposait à la vieille expérience du roi. Le duc d'Orléans savait tout ce qu'il y a de puissance dans les idées libérales ; il les aimait ou les ménageait : jamais il ne les eût abandonnées. Son frère, M. le prince de Joinville, partageait ses opinions et lïe les dissimulait pas. Plutôt que de les sacrifier ou de les taire , il préférait s'éloigner ; il se consolait en servant la France ^ et de temps en temps U soulageait son cœur dans ces lettres prophétiques

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