LXXIV INTRODUCTION
dans une république le chef du gouvernement est élu par les citoyens tout comme les députés, il peut fort spécieusement répondre à leurs remontrances qu'il est Télu de la nation, que c'est à la nation seule à le juger, et qu'il n'a que faire de leurs tracasseries, en sorte qu'il peut affecter impunément une sorte de dictature s'il a de l'énergie , ou, s'il est faible, il se laisse entraîner , dans les sens les plus opposés , par les agitations populaires les plus superficielles; et vous voilà retombés dans tous les inconvénients du gouvernement personnel qui vous ont fait supprimer la monarchie. En 1830, nous avons très-sérieusement agité ce problème, et on me permettra de persister dans la solution qui alors en fut adoptée. Cette solution me paraît encore la vraie : c'est celle du xix" siècle et de toutes les grandes nations civilisées en Europe. Or, en définitive, la France aura le gouvernement de l'Europe, ou l'Europe le gouvernement de la France.
J'avoue que j'ai peine à me défendre d'un peu d'irritation contre 4es dernières années de la mo- ^narchie de juillet, qui ont compromis, en l'altérant, la plus belle forme de gouvernement que le génie humain ait trouvée, celle qui concilie dans un accord admirable la stabilité et le mouvement, une autorité indéfectible avec un progrès perpétuel, et qui prévient les révolutions en assurant toutes les réformes nécessaires. La durée d'une pareille forme de gouvernement méritait bien, ce semble, la rançon modeste de soixante et même de cent mille électeurs de plus.
N'est-il pas humiliant que des femmes en Angleterre entendent miedx le gouvernement représentatif