‹ Œuvres complètesChapitre 31 sur 91 · LXXVI INTRODUCTION · texte numérisé non relu

LXXVI INTRODUCTION

Nous croyons l'avoir établi : la France n'est pas difficile à gouverner; elle ne renverse point ses gouvernements; ce sont eux qui comme à plaisir conspirent contre eux-mêmes. Elle est immuable dans ses vœux, qui sontlesinstinctsdusiècle justifiés par la raison. Elle veut sa souveraineté; elle veut régale liberté de tous ses enfants ; elle est fière de la grandeur, de la gloire, de la fortune même de quelques-uns d'entre eux ; en même temps, elle souffre de la misère et des vices qui en dégradent encore un si grand nombre, et elle veut qu'on s'occupe sérieusement de leur soulagement et de leur amélioration. Elle a reçu de la main des siècles et elle perfectionne sans cesse cette magnifique unité nationale que l'Europe nous envie; mais elle entend que ce soit une unité de liberté et, s'il se peut, de bonheur. Dans son orgueil, qui est sa faiblesse bien connue, elle aspire à marcher à la tête des nations et à leur servir d'exemple. Pour tout cela , elle demande un gouvernement qui l'honore et qui l'aime, disposée à lui rendre en fidélité, en dévouement même, tout ce qu'elle en recevrait en loyauté et en désintéressement C'en est fait de l'ancien attachement chevaleresque de la France à ses maîtres. La France n'a plus et ne veut plus de maîtres : elle n'a pas fait la révolution de 1789 pour revenir à l'ancien régime\plus ou moins habilement déguisé. On ne peut ni tromper la France, ni l'asservir. Elle rend justice au génie de Napoléon, à la sincérité de Charles X, à l'habileté du roi Louis-Philippe, mais elle attend encore un gouvernement qui ne pense pas à lui mais à elle , qui n'ait pas d'intérêts particuliers de gloire, de puissance,

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