LIV
que je désire , qae j'appelle la réforme électorale , et je j crois encore servir le Goufernement et le Roi en me mettant ouvertement parmi les partisans pacifiques, mais fidèles et décidés, d'une réforme électorale sérieuse et significative.
d Je vous dirai plus : je considère cette réforme comme tellement nécessaire, que je la tiens comme assurée du triomphe. Oui, elle s'accomplira, et, si je ne craignais de faire le prophète, j'afiirmerais que la future Chambre des députés sera élue sous l'empire d'une loi nouvelle^ (Vive sensation).
« J'ai donc accueilli hier sans déplaisir la déclaration si réservée de M. le ministre de l'intérieur; j'admels la position qu'il I a prise; je m'en tiens pour satisfait provisoirement. Voilà pourquoi je ne veux pas prolonger le débat; et je ne crois pas avoir à en dire davantage, à moins que M. le ministre ne me déclare que j'ai mai interprété sa pensée et ses paroles. »
Si M. le ministre de l'intérieur, que j'avais traité si amicalement, eût daigné me répondre que je l'avais bien compris, M. de Boissy n'eût pu répliquer : « Pour mon compte, je n'envisage pas du tout comme M. Cousin le sens des paroles de M. le ministre de Tinté-
■ Cette prophétie n'a été que trop accomplie. Pour avoir repoussé une réforme juste en soi, prudente et inévitable, on nous a précipités dans une révolution , et le refus d'admettre à Télectorat soixante ou quatre^vingt mille citoyens de plus , sur lesquels les trois quarts étaient conservateurs déclarés, ce refus si impolilique nous a valu la folie du suffrage universel qui a fait électeurs jusqu'aux enfants de vingt et un ans encore assis sur les bancs de l'école. Ahyssus ahyssum.
370 SBSSION DB 1848. LIS RÉFORHBS.
rieur; je ne crains pas de dire que je les considère comme un refus absolu, positif, de toute réforme, et qu'on marche à une révolution. Oui, les paroles de M. le ministre sont grosses d'une révolution. > Le silence do Gou?emement autorisait cette interprétation : elle devint l'opinion universelle dans Paris, et détermina le mouvement réformiste du 21 février, qu'il eût été sr facile de prévenir par de sages concessions, et qui, n'étant ni dissipé à temps par la prudence, ni comprimé par la force, presque toujours impuissante dans les grandes crises populaires, amena la catastrophe où la dynastie de juillet a fait naufrage.