‹ Œuvres complètes, avec des notesChapitre 116 sur 670 · LIVRE II · texte numérisé non relu

LIVRE II

s'ÉToiT MOI , naïf aulant que rare y iendra dans ces vers le lecteur, le fiiit , quiconque en soit l'autear : ils du mien selon les occnrrences; na coatnme; et, sans telles licences , tterois la diarge de oonteor.

Dune donc avoît belle servante :

audit au jeu d'amour savante, toit fille à bien armer un Ht, de suc, et donnant appétit ; 'oo appelle en françois bonne robe '.

I beau jour, cet homme se ôérohe ) sa femme, et d'un très grand matin a trouver sa servante au jardin, ûsoit un bouquet pour madame :

i sa fête. Or, voyant de sa femme iquet fait, il commence à louer rtiment, tâche à s'insinuer, uier en foit de chambrière iroprement couler sa main au sein :

i fat fait. La servante soudain éndit; mais de quelle manière ?

îen gâter : c'étoit une façon marché; bien savoit sa leçon, le prend les fleurs qu'elle avoit mises i monceau , les jette au compagnon, aîsa pour en avoir raison , ;t si bien qu'ils en vinrent aux prises. t étrif * la servante tomba :

en tirer aussitôt avantage.

Ihenr fat que tout ce beau ménage kx>avert d'un logis près de là.

îDs n'avoient pris garde à cette aftaire. oîsine aperçut le mystère.

IX la vit, je ne sais pas comment, roilà pris , dit-il à sa servante :

voisine est languarde' et méchante; le soyez en crainte aucunement, rouver sa femme en ce moment'; lit si bien que, s'étant éveillée, î lève; et, sur l'heure habillée, inue à jouer son rôlet;

dire jolie, gaillarde, et complaisante. Le mot robe ta significatioD ordixuire : c'est le mot italien roba t des biens de tonte nature; c'est l'ancien root robe m romane, qui désigne toute sorte de butin. Cette de bonne robe est empruntée anx Italiens, qui di* I roba , ou bella roba , pour exprimer, selon Alberti , a bella , anziehé no , ma dithoneita , e di partito. ibbeur, et roberie , étoient autrefois synonymes de érobeur. et de Yolerie. Voyez Nioot, Thrésor de la thfoyte , p. 572.

XMnbat, contestation.

t . indiscrète.

Tant qu'à dessein d'aller faire un bouquet La pauvre épouse au jardin est menée.

Là fut par lui procédé de nouveau.

Même débat, même jeu se commence.

Fleurs de voler, tétons d'entrer en danse. Elle y prit goût; le jeu lui sembla beau. Somme que l'herbe en fut encor froissée. La pauvre dame alla l'après-dhiée Voûr sa voisine, à qui ce secret-là Chargeoit le cœur : elle se soulagea Tout dès l'abord. Je ne puis, ma commère. Dit cette femme avec un front sévère , Laisser passer sans vous en avertir Ce que j'ai va. Yoalez-vons vous servir Encor long-temps ^une fille perdue?

A coups de pied, si j'étois que de vous. Je l'envoierois ainsi qu'elle est venue. Ck>mnient ! elle est aussi brave ' que nous ! Or bien, je sais celui de qui procède Cette piaffe : apportez-y remède Tout au plus tôt ; car je vous avertis Que ce matin, étant à la fenêtre.

Ne sais pourquoi , j'ai vu de mon logis Dans son jardin votre mari paroltre , Puis la galande *; et tous deux se sont mis A se jeter quelques fleurs à la tête.

Sur ce propos l'autre l'arrêta coi.

Je vous entends, dit-elle; c'étoit moi.

LA VOISINE

Voire» écoutez le reste de la fête :

Vous ne savei où je veux en venir.

Les bonnes gens se sont pris à cueillir Certaines fleurs que baisers on appelle.

LA FEMME

C'est encor moi que vous preniez pour elle.

LA VOISINE

Du jeu des fleurs à celui des tétons Ils sont passés : après quelques foçons, A pleine main l'on les a laissé prendre.

LA FEMME

Et pourquoi non? c'étoit moi. Votre époox N'a-t-il donc pas les mêmes droits sur vomb ?

«Bien parée, bien anransée. gcntiOe. C'est la tade signilleation de ce mot dans notre andcn tansage t c'est le brdvë du dialecte lansnedocien qui ne répond nullement an mot brave selon sa signification moderne.

* Il y a galante dans toutes les éditions modemess mais ça* lanU et galande n'étoient pas alors synonymes. Voyex la note page ISS.

'Mais.

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CONTES ET NOUVELLES

LA VOISINE

Cette personne enfin sor l'herbe tendre Est trébachée; et, comme je le croi , Sans se blesser... Vons riez?

LA FEMME

C'étoit moi.

LA VOISINE

Un cotillon a paré la verdure.

LA FEMME

C'étoit le mien.

LA VOISINE

Sans vous mettre en courroux.

Qui le portoit de la fille on de vous? C'est là le point; car inonsîeor votre époux Jnsques au bout a poussé l'aventure.

LA FEMME

Qui? c'étoit moi. Votre tète est bien dure.

LA VOISINE

Ah ! c'est assez. Je ne m'informe plus : J'ai pourtant l'œil assez bon, ce me semble : Paurois juré que je les avois vus En ce lien-là se divertir ensemble.

Mais excusez; et ne la chassez pas.

LA FEMME

Pourquoi chasser? j'en suis très bien servie.

LA VOISINE

Tant pis pour vous ! c'est justement le cas. Vous en tenez , ma commère m'amie.

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