VL FÉRONDE, OU LE PURGATOIRE
Vers le I^evant , le Vieil de la Montagne * Se rendit craint par un moyen nouveau : Craint n'étoit-il pour l'immense campagne Qu'il (lossédât, ni |K)ur aucun monceau D'or ou d'argent, mais parce qu'au ceneau De ses sujets il imprimoit des choses Qui de maint fait courageux étoient causes.
• Rf tinMoi , va-l'en.
*BloMée. meurtrie. Ce mut est resté, mais non avec cette Mjniificatiou.
' Jamaui. 4 Célébrèrent.
s Le Vitnix de la Montagne étoit le cbef d'une secte d'Ismaélite« . redouté en tous lieux par les meurtres qu'il laisoit corn- ; mettre. Le» pn^Atlgcs qu'il cniployuit |ionr fanatiser ses secta- | Irur» ^ollt décrite par le voya;;eurMarc-Paul. etpar leshistorieus tW% croisades, de la même manière que notre poète le fait ici.
Il ciloisissoit entre eux les plus hardis,
Et leur faisoit donner du paradis
Un avant-goût à leurs sens perceptible,
Du paradis de son législateiur:
Rien n'en a dit ce prophète menteur
Qui ne devint très croyable et sensible
A ces gens-là. Gomment s'y prenoit-on ?
On les faisoit boire tous de façon
Qu'ils s'enivroient , perdoient sens et raison.
En cet état , privés de connoissanoe,
On les portoit en d'agréables lieux ,
Ombrages frms , jardins délicieux.
Là se trouvoient tendrons en abondance ,
Plus que maillés', et beaux par excellence :
Chaque réduit en avoit à couper*.
Si * se venoient joliment attrouper
Près de ces gens , qui , leur boisson cuvée ,
S'émen'cilloient de voir cette couvée.
Et se croyoient habitants devenus
Des champs heureux qu'assigne à ses élus
Le foux Mahom^ Lors de faire accointance.
Turcs d'approcher, tendrons d'entrer en danse,
Au gazouillis des ruisseaux de ces bois.
Au son des luths accompagnant les voix
Des rossignols : il n'est plaisir au nHmde
Qu'on ne goAtât dedans ce paradis.
Les gens trouvoient en son charmant poiurpris
Les meilleurs vins de la roachUie ronde,
Dont ne manqnoient encor de s'enivrer,
Et de leurs sens perdre l'entier usage.
On les faisoit aussitôt reporter
Au premier lieu. De tout ce tripotage
Qu'arrivoit-il? Ils croyoient fermement
Que quelques joiu^ de semblables délices