‹ Œuvres complètes, avec des notesChapitre 177 sur 670 · SI · texte numérisé non relu

SI

L'on tint chapitre, et sor cette matière Fnt raisonné long-tempe dans le logis.

Le jeone lonp fiit aux vieilles brebis Livré d'abord. Elles vous Tempoignèrent, A certain arbre en leur cour Fattaclièrent, Ayant le nez devers l'arbre tourné y Le dos à l'air avec toute la suite.

Et cependant que la troupe maudite Songe comment il sera guerdonné ' , Que l'une va prendre dans les cuisines Tons les balais, et que l'autre s'en court A l'arsenal où sont les disciplines; Qu'nne troisième enferme à double tour Les sceurs qui sont jeunes et pitoyables * ; Bref, que le sort , ami du maijolet *, Ecarte ainsi toutes les détestables; Vient un meunier monté sur son mulet, Garçon carré , garçon couru des filles , Bon compagnon , et beau joueur de quilles. Oh ! oh ! dit-il , qu'est-ce là que je voi ? Le plaisant saint ! Jeune homme , je te prie , Qui t'a mis là ? sont-ce ces sœurs ? dis-fooi : Avec quelqu'une as-tu fait la folie?

Te plaisoit-elle ? étoit-elle jolie ?

Car, à te voir, tu me portes , ma foi ( Plus je regarde et mire ta personne ), Tout le minois d'un vrai croqueur^ de nonne. L'autre répond : Hélas ! c'est le rebours; Ces nonnes m'ont en vain prié d'amours : Voilà mon mal. Dieu me domt ' patience ! Car de conunettre une si grande offense. J'en fais scrupule, et fût-ce pour le roi , Me donnât-on aussi gros d'or que moi.

Le meunier rit ; et sans autre mystère Vous le délie, et lui dit : Idiot , Scrupule, toi qui n'es qu'un pauvre hère ! C'est bien à nous qu'il appartient d'en faire ! Notre curé ne seroit pas si sot.

Vite fuis-t'en , m'ayant mis en ta place; Car aussi bien tu n'es pas , comme moi, Franc du collier, et bon pour cet emploi : Je n'y veux point de quartier ni de grâce. Viennent ces sœurs; toutes, je te répond, Verront beau jeu , si la corde ne rompt*. L'autre deux fois ne se le fait redire; Il vous l'attache, et puis lui dit adieu.

Large d'épaule, on auroit vu le sire Attendre nu les nonnams en ce lieu.

* Réoompaiié.

• Ccit-à^re endiiict à la piUé.

s Jame bomme sam expérience.

4 Sédactear. < Me donne.

cphnteproYerbiale. pir alliuion aux danwun de oonk. qui promettent toujoun de Caire des dioaM atnofdiMiitt.

L'escadron vient , porte en guise de cierges Gaules et fouets, procession de verges, Qui fit la ronde à l'entour du meunier. Sans lui donner le temps de se montrer. Sans l'avertir. Tout beau ! dit-il, mesdames, Vous vous trompez; considérez-moi bien : Je ne suis pas cet ennemi des femmes, Ce scrupuleux qui ne vaut rien à rien. Employez-moi : vous verrez des merveilles : Si je dis faux , coupez-moi les oreilles. D'un certain jeu je viendrai bien à bout : Mais quant au fouet je n'y vaux rien du tout. Qu'entend ce rustre, et que nous veut-il direi' S'écria lors une de nos sans-dents :

Quoi ! tu n'es pas notre faiseur d'enfants ! Tant pis pour toi, tu paieras pour le sire; Nous n'avons pas telles armes en main Pour demeurer en un si beau chemin.

Tiens, tiens , voilà l'ébat que l'on désire. A ce discours , fouets de rentrer en jeu , Verges d'aller, et non pas pour un peu ; A^eunier de dire en langue intelligible. Crainte de n'être assez bien entendu :

Mesdames, je... ferai tout mon possible Pour m'acquitter de ce qui vous est dû. Plus il leur tient des discours de la sorte , Plus la fureur de l'antique cohorte Se fait sentir. Long-temps il s'en souvint. Pendant qu'on donne au maître l'anguillade, Le mulet fait sur l'herbette gambade.

Ce qu'à U fin l'un et l'autre devint , Je ne le sais, ni ne m'en mets en peine : Suffit d'avoir sauvé le jouvenceau.

Pendant un temps les lecteurs , pour douzaine De ces nonnains au corps gent et si beau , N'auroient voulu, je gage, être en sa peau.

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