‹ Œuvres complètes, avec des notesChapitre 181 sur 670 · LIVRE IV · texte numérisé non relu

LIVRE IV

Bnt le pifer do aoin qa*il prend' ici :

De œs fridti-là le denrfer n'est le pire.

Votre janfin tiendra comme de dre :

Dcsoendez-y; ne doutez du succès.

Votre mari ne se tiendra jamais

Qu'à sa maison des chan^», je vous rassure.

Tantôt U n'aille éprouver sa monture.

Vos dooagnas en leur premier sommeil ,

Vous descendrez , sans nul autre appareil

Que de jeter une robe fourrée

Sur votre dos, et viendrez au jardin.

De mon côté Téchelie est préparée ;

Je monterai par la cour du voisin ;

Je l'ai gagné ; la rue est trop publique.

Ne craignez rien...— Ah! mon cher Magnifique^

Qoe je vous aime , et que je vous sais gré

De ce dessein ! Venez y je descendrai....

Cest vous qui parie '... £h ! plût au Ciel , madame,

Qu'on vous o^t embrasser les genoux !.... —

Mon Magnifique , à tantôt^ votre flamme

Ne craindra point les regards d'un jaloux.

L'amant la quitte , et feint d'être en courroux ;

Puis, tout grondant : Vous me la donnez bonne,

Aldobrandin ! je n'entendois cela.

Autant vaudroit n'être avecque personne

Que d'être avec madame que voilà.

Si vous trouvez chevaux à ce prix-là,

Vous les devez prendre sur ma parole.

Le mien hennit du moins ; mais cette idole

Est proprement un fort joli poisson.

Or SOS , j'en tiens ; ce m'est une leçon.

Quiconque veut le reste du qnart-d'heure

N'a qu'à parler; j'en ferai juste prix.

Aldobrandin rit si fort qu'il en pleure.

Ces jeunes gens , dit-il , en leurs esprits

Mettent toujours quelque haute entreprise.

Notre féal, vous lâchez trop tôt prise;

Avec le temps on en viendrait à bout.

J'y tiendrai l'œil ; car ce n'est pas là tout ;

Nous y savons encor quelque rubrique :

Et cependant, monsieur le Magnifique,

La baquenée est nettement à nous :

Plus ne fera de dépense chez vous.

Dès aujourd'hui , qu'il ne vous en déplaise ,

Vous me verrez dessus fort à mon aise

Dans le chemin de ma maison des champs.

Il n'y manqua , sur le soir ; et nos gais Au rendez-vous tout aussi peu manquèrent. Dire comment les choses s'y passèrent , Cest un détail trop long ; lecteur prudent , Je m'en remets à ton bon jugement :

' Pour c'est voui qvi parlez, Incorrectioa e( licence.

La dame étolt jeone , fringante et belle , L'amant bien ftit, et toos deox fort épris. Trois rendez-vous coup sur coup furent pris: Moins n'en valoit si gentille femelle.

Aucun péril , nul mauvais accident , Bons dormitifk en or comme en argent Aux douagnas ', et bonne sentinelle.

Un pavillon vers le bout du jardin Vmt à propos : messire Aldobrandin Ne l'avoit feit bâtir pour cet usage.

Conclusion , qu'il prit en cocuage Tous ses degrés : un seul ne lui manqua , Tant sut jouer son jeu la baquenée !

Content ne fut d'une seule journée Pour réprouver ; aux champs il demeura Trois jours entiers, sans doute ni scrupule. J'en connois bien qui ne sont si chanceux ; Car ils ont femme , et n'ont cheval ni mule , Sachant de plus tout ce qu'on feit chez eux.

XVL LE TABLEAU.

Ou m'engage à conter d'une manière honnête

Le sujet d'un de ces tableaux

Sur lesquels on met des rideaux;

Il me feut tirer de ma tète Nombre de traits nouveaux , piquadls | et délicats ,

Qui disent et ne disent pas ,

Et qui soient entendus sans notes

Des Agnès même les plus sottes.

Ce n'est pas coucher gros* ; ces extrêmes Agnès

Sont oiseaux qu'on ne vit jamais.

Toute matrone sage , à ce que dit Catulle , Regarde volontiers le gigantesque don Fait au fruit de Vénus par la mam de Junon ' : A ce plaisant objet si quelqu'une recule.

Cette quelqu'une dissimule.

Ce principe posé, pourquoi plus de scrupule. Pourquoi moins de licence aux oreilles qu'aux yeux ? Puisqu'on le veut ainsi , je ferai de mon mieux : Nuls traits à découvert n'auront ici de place; Tout y sera voilé, mais de gaze, et si bien

Que je crois qu'on n'en perdra rien.

Qui pense finement et s'exprime avec grâce Fait tout passer : car tout passe';

< Daèsne.

>Ce n'est pas mettre un fort e^ien, ce n'est pM hasaider beancoup.

s Allusion aux deux yen sulïanls qui sont dans l'épigramnie ▼III des Pi'iap/es ; Us ne sont pas de Catulle , comme le dit La Fontaine , mais d'un anonyme.

M«trona quoquc HiCBluUin lilwBier.

(/Vote </• M. Boùsoiubie )

CONtES ET NOUVELLES.

Je l'ai cent fois ^>roavé :

Qoand le mot est bien trouvé , Le sexe , en sa faveur, à la chose pardonne : Ce n'est plus elle alors, c'est elle encor pourtant;

Vous ne fiiites rougir personne,

Et tout le monde vous entend.

J'ai besoin aujourd'hui de cet art important. Pourquoi? me dîra-t-on, puisque sur ces merveilles Le sexe porte l'œil sans toutes ces foçons. Je réponds à cela : Chastes sont ses oreilles,

Encor que les yeux soient fripons.

Je veux , quoi qu'il en soit , expliquer à des belles Cette chaise rompue, et ce rustre tombé. Muses, venez m'aider : mais vous êtes pucelles. Au joli jeu d'amour ne sadiant A ni B. Muses, ne bougez donc; seulement par bonté Dites au dieu des vers que dans mon entreprise

Il est bon qu'il me favorise,

Et de mes mots fasse le choix ,

Ou je dirai quelque sottise Qui me fera donner du busqué sur les doigts '. C'est assez raisonner; venons à la peinture :

Elle contient une aventure

Arrivée au pays d'Amours.

Jadis la ville de Cytlière

Avoit en l'un de ses faubouiigs Un monastère;

Vénus en flt un séminaire :

Il étoit de nonnains , et je puis dire ainsi

Qu'il étoit de galants aussi.

En ce lieu hantoient d'ordinaire Gens de cour, gens de ville , et sacrificateurs ,

Et docteurs, Et bacheliers sur-tout. Un de ce dernier ordre Passoit dans la maison pour être des amis. Propre, toujours rasé, bien disant, et beau fils, Sur son chapeau luisant, sur son rabat bien mis,

La médisance n'eiU su mordre.

Ce qu'il avoit de plus charmant, C'est que deux des nonnains alternativement

En tiroient maint et maint service.

L'une n'avoit quitté les atours de novice Que depuis quelques mois ; l'autre encor les portoit.

La moms jeune à peme coniptoit

Un an entier par-dessus seize :

Age propre à soutenir thèse ,

Thèse d'Amour : le bachelier

Leur avoit rendu familier

Chaque point de cette science ,

Et le tout par expérience.

Une assignation pleine d'impatience

< Corriger, châtier.

Fut un jour par les sœurs donnée à cet amanl; Et, pour rendre complet le divertissonait, Bacehus avec Cérès , de qui la compagnie

Met Vénus en train bien souvent, Dévoient être ce coup de hi cérémonie.

Propreté toucha seule aux apprêts du régal ; Elle sut s'en tirer avec beaucoup de graoe : Tout passa par ses mains , et le vin et la glace.

Et les carafes de cristal ; On s'y seroit miré. Flore à l'haleine d'ambre

Sema de fleurs toute la chambre :

Elle en fit un jardin. Sur le Imge, ces fleurs Formoient des lacs d'amour, et le diiffiredesaoeun.

Leurs doltrières excellences

Aimoient fort ces magnificences :

C'est un plaisir de nonne. Au reste , leur beauté Aiguisoit l'appétit aussi de son côté.

MiUe secrètes circonstances

De leurs corps polis et charmants

Augmentoient l'ardeur des amants.

Leur taille étoit presque semblable; Blancheur, délicatesse, embonpoint raisonnable, Fermeté : tout ciiarmoit, tout étoit lait au tour;

En mille endroits nichoit l'Amour, Sous une guûnpe , un voile, et sous un scapohdre , Sous ceci, sous cela que voit peu l'œil iln jour. Si celui du galant ne l'appelle au mystère.

A ces sœurs l'enfant de Cythère

Mille fois le jour s'en venoit

Les bras ouverts , et les prenoit

L'une après l'autre pour sa mère.

Tel ce couple attendoit le bachelier trop lent;

Et de lui, tout en l'attendant, Elles disoient du mal, puis du bien; pois les belles

Imputoient son retardement

A quelques amitiés nouvelles.

Qui peut le retenu*? disoit l'une; est-ce amour ?

Est-ce affaire? est-ce maladie?

Qu'il y revienne de sa vie,

Disoit l'autre ; il aura son tour.

Tandis qu'elles cherchoient là-dessous du mystère. Passe un Mazet portant à la dépositaire '

Certain fardeau peu nécessabre :

Ce n'étoit qu'un prétexte; et , selon qu'on m'a dit , Cette dépositaire , ayant grand appétit , Faisoit sa portion des talents de ce rustre. Tenu , dans tels repas , pour un traiteur illustre. Le coquin, lourd d'ailleurs, et très court en esprit ,

A la cellule se méprit :

Il alla chez les attendantes

Frapper avec ses mains pesantes.

' Celle qtà dam le ooiitent a la garde de t'arsent.

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