‹ Œuvres complètes, avec des notesChapitre 182 sur 670 · LIVRE IV · texte numérisé non relu

LIVRE IV

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On ooTre; on est surpris. On le maudit d'abord ,

Puis on voit que c'est un trésor.

Les nonnains s'éclatent de rire.

Toutes deux commencent à dire , Comme si toutes deux s'étoient donné le mot :

Servons-nous de ce maître sot;

n vaut bien l'autre ; que t'en semble ? La professe * ajouta : C'est très bien avisé. Qu'attendions-nous ici? Qu'il nous fût débité De beaux discours? Non , non, ni rien qui leur ressemble. Ce pitaud ' doit valoir, pour le point souhaité,

Bachelier et docteur ensemble.

Elle en jugeoit très bien : la taille du garçon,

Sa simplicité , sa façon , Et le peu d'intérêt qu'en tout il semble prendre,

Faisoit de lui beaucoup attendre.

Cétoit l'homme d'Esope ; il ne songeolt à rien;

Mais il buvoit et mangeoit bien ;

Et, si Xanthus l'eût laissé faire,

Il auroit poussé loin l'affaire.

Ainsi , bientôt apprivoisé ,

Il se trouva tout disposé

Pour exécuter sans remise Les ordres des nonnains , les servant à leur guise

Dans son office de Mazet, Dont il lui fut donné par les sœurs un brevet.

Ici la peinture commence :

Nous voilà parvenus au point.

Dieu des vers, ne me quitte point;

J'ai recours à ton assistance.

Dis-moi pourquoi ce rustre assis , Sans peine de sa part, et très fbrt à son aise , Laisse le soin de tout aux amoureux soucis

De sœur Claude et de sœur Thérèse.

N'auroit-il pas mieux fiiit de leur donner la chaise? U me semble déjà que je vois Apollon

Qui me dit : Tout beau ! ces matières

A fond ne s'examinent guères.

J'entends; et l'Amotur est un étrange garçon;

J'ai tort d'ériger un fripon

En maître de cérémonies.

Dès qu'il entre en une maison.

Règles et lois en sont bannies;

Sa fantaisie est sa raison.

Le voilà qui rompt tout : c'est assez sa coutume : Ses jeux sont violents. A terre on vit bientôt Le galant cathédral '. Ou soit par le défont

* La reliaieiise profene. c'est-àdk« cette qui aroit hit des vcmx.

> Ce rustre . ce lourd pa3r8aD.

1 Le saUnt tiégeur, reposant sur k sié^e. Cathédral , oonmie <d|ecUf mssaiHn , est . Jo crois , de rioTentioo de La FoQUUie t il Tient du mot grec xotM//t«, siège, n y a ainri dans les de«i

De la chaise un peu foible , ou soit que du pitaud

Le corps ne fût pas fait de plume , Ou soit que sœur Thérèse etH chargé d'action Son discoiu^ véhément et plein d'émotion , On entendit craquer l'amoureuse tribune : Le rustre tombe à terre en cette occasion.

Ce premier point eut par fortune

Malheureuse conclusion.

Censeurs, n'approchez point d'ici votre <eil profane. Vous, gens de bien, voyez comme sœur .Claude mit

Un tel incident à profit.

Thérèse en ce malheur perdit la tramontane ' : Claude la débusqua , s'emparant du timon.

Thérèse , pire qu'un démon , Tâdie à la retirer, et se remettre au trône;

Mais celle-ci n'est pas personne

A céder un poste si doux.

Sœur Claude, prenez garde à vous;

Tliérèse en veut venir aux coups; Elle a le poing levé. Qu'elle ait ! C'est bien répondre : Quiconque est occupé comme vous ne sent rien. Je ne m'étonne pas que vous sacliiez confondre

Un petit mal dans un grand bien.

Malgré la colère marquée

Sur le front de la débusquée , Claude suit son chemin , le rustre iossi le sien :

Thérèse est mal contente, et gronde.

Les plaisirs de Vénus sont sources de débats ;

Letu: fureur n'a point de seconde :

J'en prends à témoins les combats

Qu'on vit sur la terre et sur l'onde ,

Lorsque Paris à Ménélas

Ota la merveille du monde.

Quoique Bellone ait part ici.

J'y vois peu de corps de cuirasse :

Dame Vénus se couvre ainsi Quand elle entre en champ clos avec le dieu de

Cette armure a beaucoup de grâce. [ Thrace. Belles , vous m'entendez ; je n\n dirai pas plus :

L'habit de guerre de Vénus

Est plein de choses admirables :

Les cyclopes aux membres nus Forgent peu de hamois qui lui soient comparables; Celui du preux Achille auroit été plus beau , Si Vulcan eût dessus gravé notre tableau. Or ai-je des nonnains mis en vers l'aventure , Mais non avec des traits dignes de l'action ; Et comme celle-ci déchoit dans la peinture, La peinture déchoit dans ma description. Les mots et les couleurs ne sont choses pareilles;

éditions de 1675 et 1676; peut-être esNse une tasOe dlmprimeor. et doit-on lire CAtA^rani : car on appelle cathédrant, dans les univenilés. celai qui préside une tbèse. • Ne sut plus où eUe en éloit , peidit sa présence d'eiprit.

CONTES ET NOUVELLES

Ni les yeux ne sont les oreilles.

J'ai laissé long-temps an filet

Sœar Thérèse la détrdnée :

Elle eut son toar; notre Mazet

Partagea si bien sa journée Que chacun fut content. L'histoire finit là : Du festin pas un mot. Je veux croire y et pour cause,

Que l'on but et que Ton mangea;

Ce fut l'intermède et la pause.

Enfin tout alla bien, hormis qu'en bonne foi L'heure du rendez-vous m'embarrasse. Et pourquoi? Si l'amant ne vint pas , sœur Claude et sœur Thérèse Eurent à tout le moins de quoi se consoler : S'il vint, on sut cacher le lourdaud et la chaise; L'amant trouva bientôt encore à qui parler.

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