‹ Œuvres complètes, avec des notesChapitre 198 sur 670 · LIVRE V · texte numérisé non relu

LIVRE V

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Se crurent, par miradey en l'Olympe rendus. Voo8 eomhlei, dirent-ils, vos moindres créalnres: Anrions-noos bien le oœor et les mains assez pores Pour présider ici sur les honneurs divins , Et prêtres vous offrir les vœux des pèlerins! Jupiter exauça leur prière innocente.

Hélas ! dit Pfailémon , si votre main poissante Yooloit Civoriser jusqu'au bout deux mortels, Ensemble nous mourrions en servant vos autels. Clothon feroit d'on coup ce double sacrifice ; D'antresmains nous rendraient un vain et triste office; Je ne ideuronois point celle-ci , ni ses yeux Ne troubleroient non plus deleurslarmes ces lieux. Jupiter à ce vœu fut enoor fiivorable. Mais oaerai-je dire un lait presque incroyable ? Un joor qu'assis tons deux dans le sacré parvis Us oontoient cette histoire aux pèlerins ravis, La troupe à l'entour d'eux debout prètoit l'oreille; Philémon leur disoit : Ce lieu plein de merveille N'a pas toujours servi de temple aux immortels : Un booi^ étoit autour, ennemi des autels, Gens barbares, gens durs, habitacle' d'impies; Du céleste courroux tous furent les hosties*. n ne resta que nous d'un si triste débris : Vous en verrez tantôt la suite en nos lambris ; Jupiter l'y peignit En contant ces annales, Philémon regardoit Baucis par intervalles; Elle devenoit arbre , et lui tendoit les bras ; Il veut lui tendre aussi les siens , et ne peut pas. Il vent parler, l'écorce a sa langue pressée. L'on et l'autre se dit adieu de la pensée : I^ corps n'est tantôt ' plus que feuillage et que bois. D'étonnement la troupe ainsi qu'eux perd la voix. Même instant, même sort à leur fin les entraîne; Baucis devint tilleul , Philémon devient chêne. On les va voir encore , afln de mériter IjCs douceurs qu'en hymen Amour leur fit goûter. Ils courbent sous le poids des offrandes sans nombre. Pour peu que des époux séjournent sous leur ombre , Ils s'aiment jusqu'au bout , malgré l'effort des ans. Ah! si... Mais autre part j'ai porté mes présents 4. Célébrons seulement cette métamorphose.

De fidèles témoins m'ayant conté la diose , Glio me conseilla de l'étendre en ces vers, Qui pourront quelque jour l'apprendre à l'univers. Quelque jour on verra chez les races futures , Sous l'appui d'un grand nom passer ces aventures.

' Habitatioa. * Les victimes.

s Tantôt eA, dans ee Ters, synonyme de bientôt, et il s'emploie encore ainsi dans le style bmilîer.

4 La pensée de La Fontaine se reporte id fers sa femme , «▼ec laquelle U ne TlTolt pas bien; il regrette d'une manière touchante de ne pouvoir goûter les douceurs d'une union conjugale bien assortie. ( Voyez V Histoire de la vie et des ouvraces de Jean de La f'onfaUu, 3« édit ïttê^, p. 389.)

Vendôme , consentez au Ids > que j'en attends ; Faites-moi triompher de l'Envie et du Temps : Enchaînez ces démons, que sur nous ils n'attentent, Eimemis des héros et de ceux qui les chantent. Je voudrois pouvoir dire en un style assez haut Qu'ayant mille vertus vous n'avez nul défont. Toutes les célébrer seroit œuvre infinie ; L'entreprise demande un plus vaste génie : Car quel mérite enfin ne vous fait estimer ? Sans parler de celui qui force à vous aimer. Vous joignez à ces dons l'amour des beaux ouvrages ; Vous y joignez un goiU plus sAr que nos suffrages ; Don du del , qui peut seul tenir lieu des présents Que nous font à regret le travail et les ans. Peu de gens élevés, peu d'autres encor même, Font voir par ces faveurs que Jupiter les aime. Si quelque enfant des dieux les possède, c'est vous; Je l'ose dans ces vers soutenir devant tous. Clio , sur son giron , à l'exemple d'Homère, Vient de les retoucher, attentive à vous plaire : On dit qu'elle et ses sœurs , par l'ordre d' Apollon , Transportent dans Anet* tout le sacré vallon : Je le crois. Puissions-nous chanter sous les ombrages Des arbres dont ce lieu va border ses rivages ! Puissent-ils tout d'un coup élever leurs sourcils, Comme on vit autrefois Philémon et Beaucis !

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