‹ Œuvres complètes, avec des notesChapitre 20 sur 670 · LIVRE lil · texte numérisé non relu

LIVRE lil

Le père mort , les trois feuielles Courent au testament, sans attendre plus tard.

On le Ut , on tâche d'entendre

La volonté da testateur;

Mais en vain : car comment comprendre

Qa'aaasîtdt que chacone sœur Ne possédera pins sa part héréditaire,

U lui fondra payer sa mère?

Ce n'est pas un fort bon moyen

Pour payer, que d'être sans bien.

Que Touloit donc dire le père?

L*afl)dre est consultée ; et tous les avocats ,

Après avoir tourné le cas

En cent et cent mille manières, Y jettent leur bonnet, se confessent vaincus ,

Et conseillent aux héritières De partager le bien sans songer au surplus.

Quant à la somme de la veuve , Void, leur dirent-41s, ce que le conseil treuve Il Ciut que chaque sœur se charge par traité

Du tiers, payable à volonté; Si mîenx n'aime la mère en créer une rente ,

Dès le décès du mort courante.

La chose ainsi réglée, on composa trois lots :

En l'un les maisons de bouteille.

Les buffets dressés sous la treille, La ^-aisselle d'argent, les cuvettes, les brocs,

Les magasins de Malvoisie * , Les esclaves de bouche , et , pour dire en deux mots ,

L'attirail de la goinfrerie; Dans un autre , celui de la coquetterie , La maison de la ville, et les meubles exquis,

Les eunuques et les coiffeuses.

Et les brodeuses.

Les joyaux , les robes de prix ; Dans le troisième lot, les fermes, le ménage,

Les troupeaux et le iȉturage ,

Valets et bêtes de labeur.

Ces lots faits, on jugea que le sort pourroit faire

Que peut-être pas une sœur

N'auroit ce qui lui pourroit plaire.

Ainsi chacune prit son inclination;

Le tout à l'estimation.

Ce fut dans la ville d'Athènes

Que cette rencontre arriva.

Petits et grands, tout approuva Le partage et le choix: Esope seul trouva

• Tnmve, Xarot et Corroiet, et la plupart des poêtei idu •eùiènie siècle, écriyent presque loqjours treuve. Cet usage iiiIrtW**'^ eooore lorsque La Fontaine publia cette première Ijortîe de ses tables.

a Cest-à-dire de Tin dom. La Malroisie est un vin 4çnc qui cmlt dans les enTiroos de Napoii di Mahatia , en M orée , on «faHisle Fâopooèse des anciens. Notre poète n'a donc point comniia id ranachrooisoie dont un commeiitateur l'accuse.

Qu'après bien du temps et des peines

Les gens avoient pris justement

Le contre-pied du testament.

Si le défunt vivoit, disoit-il, que l'Attique

Auroit de reproches de lui !

Ck)mnieRt ! ce peuple , qui se pique # D'être le plus subtil des peuples d'aujourd'Rui , A si mal entendu la volonté suprême D'un testateur! Ayant ainsi parlé,

n fait le partage lui-même.

Et donne à chaque sœur un lot contre son gré ;

Rien qui pi^t être convenable,

Partant rien aux sœurs d'agréable :

A la coquette, l'attirail

Qui suit les personnes buveuses ;

La biberonne eut le bétail;

La ménagère eut les coiffeuses.

Tel fut l'avis du Phrygien ,

Alléguant qu'il n'étoit moyen

Plus sûr pour obliger ces filles

A se défaire de leur bien ; Qu'elles se marieroient dans les bonnes familles

Quand on leur verroit de l'argent ;

Paieroient leur mère tout comptant ; Ne posséderoient plus les effets de leur père :

Ce que disoit le testament.

Le peuple s'étonna comme il se pouvoit faire

Qu'un homme seul eût plus de sens

Qu'une multitude de gens.

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