‹ Œuvres complètes, avec des notesChapitre 208 sur 670 · SCÈNE III · texte numérisé non relu

SCÈNE III

PHÉDRIE, PARMENON.

PARMENON.

Est-il dans l'univers innocence pareille ! Qui la condanmeroit en lui prêtant Toreille? Que Thaïs a sujet de se plaindre de moi ! C*est un chef-d'œuvre exquis de constance et de foi.

PHÉDRIE.

N'as-tu pas \u ses yeux laisser tomber des larmes? Pour guérir mon soui)Çon (|u'ils employolent de char-

PARMENON. [mes!

En matière de femme, on ne croit point atncpteius: Un serpent , je le gage , est caché sous ces fleurs.

PHÉDRIE.

Non , non , pour ce coup-ci je dois être sans crainte: Ce ({n'en obtient Thrason marque trop de contrainte; Peut-être le voit-elle afin de l'épouser; lin ce cas, c'est moi seul que je dois accuser. Que n'ai-je dïécouvert le fond de ma pensée! Dans un plus haut dessein je l'eusse intéressée; Elle auroit bientôt su m'assurer de sa foi, bannir tous ses amants, ne vivre que pour moi, Puîs({ue sans cet espoir tu vois qu'on me préfère. J.es deux jours expirés, je propose l'affaire : Il faut ouvrir son cœur, et ne pohit tant gauchir.

PARMENON.

Que diront vos parents?

PHÉDRIE.

On pourra les fléchir :

Du moins nous attendrons que la Parque cruelle >rait, par un coup fatal, rendu libre conmie elle. Éloignent les destins ce coup qu'il faudra voir, Et fassent que d'ailleurs dépende mon espoir ! D'une ou d'autre façon je suivrai cette envie , Dont tu vois que dépend tout le cours de ma vie. Censure mon projet, ravale sa beauté.

Dis ce que tu voudras , le sort en est jeté. Montre-lui cependant l'eunuque sans remise; Et de peur qu'à l'abord Thaïs ne le méprise. Soigne, avant que l'offrir, qu'il soit mieux ajusté, El que par ton discours son prix soit augmenté. Dis qu'on l'a fait venir des confins de l'Asie , Qu'on l'a pris d'une race entre toutes choisie , Qu'il chante et sait jouer de divers instruments. Accompagne le don de quelques compliments : Jure que pour maîtresse il mérite une reine; Que Thaïs Test aussi , régnant en souveraine Sur tous mes sentiments ; et mille autres pro[K>s.

LEUNIIQI3E, ACTE I, SCÊNÉ T.

tout pour hit , et doimei en repog.

PllliUHIK.

il se peut; innisanx diaiiips aussi Uen qu'A la ville setis i|u<! iiiun fiii)ril t«l toujours )m^u tranquille: me faut toulcfoig éprouver aujourd'liui Ce qu'ils auront il'ai^K i ilaiier mou enuni.

P.\mtKSOIi.

A votre prompt reiuur uous en saurons l'issue.

rUÛlHIK.

Peul'Atre verras-tu ta croyance dégue.

ii«ulemejit prend» le soin....

Allez , je vous entends.

PAllMENON.

Ab ! coinlMeo l'amour cliange un bomme en peu de

J>evaut que te hasaril eût oiTeri à sa vue [temps!

fotales beautés dont Tliais est pourvue, ^^]et «DWit n'avoit rien qui ne Tût acconqili;

louables désirs son cœur étuit rempli; Il ne prenoii Ue soin que pour la république; Et tnftme le ménage , où trop lard on s'aj^lique , l^us jeunes ans n'éloit point né^ligO.

iHtjocttâ'bui qu'une Temnie à ses lois l'a rangé, b'M qu'oisiveté, que crainle , que foiblease : des amis, la ^ndeur, la Rotdesse, S tant d'aulrcs degrés, pour un jour parvenir An rang que ses aiem ont jadis su leuir. Sont duc noms odieux , dont celle aine aluttue A loujoun craint de voir sa llatiime combattue ; ~ quelque'bon dessein qo'eulin il ail liHiné, ■e Huroit quitter ce logis trop aimé, s'en revient-U pas me changer de langage?

SCtME V.

PUKORIE, PARSIENON.

PASMEXOK.

VSans mentir, c'est à vonsircnlreprendrenn voyage. V^oi! déjà de retour î Vouk savu vous bâter.

■•UÊUltlË.

ir te dire le vrai , j'ai {leine i la quitter.

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