LEUNUQUE, ACTE I, SCÈNE III
Pourvu qu'iiic«ssaiiinieul il soit devant mes yeux , Il m'importe fort peu de passer pour parjure.
TUAlS.
Je vous aime y et pour vous je souffre cette injure.
PIIÉDRIE.
Vous m'aimez ! c'est en quoi mon esprit est confus. L'amour peut-il souffrir de semblables refus?
thaïs.
Je ne vous rt'ponds point , de peur devons déplaire; Il fout que ma raison cède à votre colère. Je ne veux point de temps, non i>as même un seul j our : Je renonce à ma sœur plutôt qu'à votre amour.
PIIKDRIE.
Plutôt qu'à mon amour! Ah ! si du fond de Tamc Ce mot étoit sorti...
thaïs.
Doutez-vous de ma flanmic ?
PHÉDRIE.
J'aurai lieu d'en douter, si, ce terme fini,
Tout autre amant que moi de chez vous n'est Kinni.
thaïs.
Quel terme?
PHÉnniR.
De deux jours.
thaIs.
Ou trois.
PHÉDRIE.
Cet ou me tue.
THAÏS
Otez-le donc.
PARMENON.
Enfin sa constance abattue Cède aux cliarmes d'un mot: je l'avois bien prc>u.
PHÉDRIE.
A ce que vous savez aujourd'hui j'ai pour\'u. Votre sœur peut avoir un eunuque auprès d'elle ; J'en viens d'acheter un qui me semlile fidèle , Et tantôt Parmenon viendra pour vous l'ofirir. Souffrez votre soldat , puisqu'il faut le soufTrir; Mais ne le souffrez point sans beaucoup de conl rainte : Donnez-lui seulement Fapparence et la feinte. Pendant vo& compliments, songez à votre foi; De corps auprès de lui , de cœur auprès de moi , Rêvez incessamment , chez vous soyez absente.
THAÏS
Vous ne demandez rien que Thaïs n'y consente; Et œ point ne sauroit vous être refusé.
PHÉDRIE.
Adieu.
THAÏS
Comment! sitôt?
PARMENON.
Que son esprit rust» , Pour attraper notre homme, a d*art et de souplesse !
THAlS.
Vous voyez mon amour en voyant ma folblesse; Je ne vous puis quitter que les larmes aux yeux : Soyez toujours, Phédrie, en la garde des dîeta.