‹ Œuvres complètes, avec des notesChapitre 225 sur 670 · SCÈNE VI · texte numérisé non relu

SCÈNE VI

PARBflENON , demeurant seul

Ceci pour notre eunuque assez bien se prépare. Pendant qu'ils dîneront, il faut qu'il se déclare, Prenne l'occasion , et ne perde un moment A pousser des soupirs, et languir vainement. Non que parlant d'amour il rencontre œu>Te faite : Alors qu'on en vient là , toutes ont leur défaite : Tel souvent en a peu qui croit en avoir tout , Et même va bien loin sans aller jusqu'au bout. Que Pampliile d'ailleurs \olontiers ne l'écoute. Toute sage qu'elle est, je n'en fais point de doute : C'est le propre du sexe, il veut être flatté Et se plaît aux effets que produit sa beauté. Puis notre homme a de quoi charmer la plus sévèni': Il est jeune , il est beau , toujours prêt à tout fribe; En dit plus qu'on ne veut, sait bien le débiter, Est d'humeur libérale, et donne sans compter. Si par ces qualités d'abord il ne la touche, Le temps, qui peut gagner l'esprit le plus farouche, Ne l^permetlra pas d'y faire un long effort, Et ce peu de loisir m'embarrasse très-fort. Je crains notre TieiUard, qu'on attend d'heure en heure, n n'a Jamais aux champs fait si longue demeure; Quelque charnie puissant l'y retient arrêté;

Ç S'il revient une fois , le mystère est gâté.

" O dieux ! c'est fait de nous , le voici qui s'avance ; Je ne sais quel frisson m'annonçoit sa présence. Parmenon, cependant que tout seul il discourt, Va te précipiter : ce sera ton plus court ; Tu pourrois toutefois choisir une autre voie. Le vieillard est plus doux qu'il ne veut qu'on le croie : L'amoiu* pour ses enfants, qu'il laisse à l'abandon, Fait qu'il me reste encor quelque espoir de pardon; Usons à cet abord d'un peu de complaisance.

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