L'EUNUQUE, ACTE IV, SCÈNE II
Va, ne réplique point, étouffe ton envie;
Grains d'attacher tes jours aux malheurs de ma vie;
Va-t'en, laisse-moi seole et me plaindre et souffrir.
CHÉ&ÉB.
Un sort plus fiatorable en vos mains vient s'offrir.
PAMPHILE
Ce n'est point l'intérêt qui me rendra facile ; Et si je (^e, hélas! achève pour Pamphile. Que sert de m'expliquer? Tu lis dedans mon sein.
CHÉRÉE.
Et que rencontrez-vous d'injuste en ce dessein?
PAMPHILE,x
Je ne sais, je crains tout, je sfis irrésolue: Va briguer quelque voix sur mon cœur al^lue.
GHIÎIJBB.
Que je tienne de vous Te^ir d'un si grand bien.
PAllPBILE.
Sans l'aven de Thaïs je ne te promets rien ; Elle a sur mes désirs une entière puissance : Ce que j'aurois aux miens rendu d'obéissance , Je le dois à ses soins , par qui j'espère enfin Retrouver mes parents, et changer de destin.
CHénéB.
Pamphile, songez-y, la chose est importante; Et puisqu'en vos malheurs un moyen se présente , Ne le rejetez pas; il est en votre mam.
PAMPHILE
Qui me peut garantir ce discours incertain ?
CHÉRÉE.
Moi-même.
PAICPHILB.
Un tel garant n'assure point mon ame ; Quand vous voulez montrer l'effet de votre flamme, Un parent , un tuteur, un ami bien souvent , Font que de tels projets il ne so^ que du vent; Quelquefois , pour dianger, ils vous servent d'excuse.
CUÉRÉE,
Contre ces lâchetés , dont chacun nous accuse , Je n'oppose qu'un mot: dans trois jours au plus tard, Sk l'effet ne s'en voit ou d'une ou d'autre part. Vous pourrez m'accuser de paijure et de feinte; Mais aussi jusque-là suspendez votre crainte, Et faites de mes vœux un meilleur jugement.
PAMPHILE
Le terme n'est pas long, j'y consens aisément : Mais je vous interdis cependant ma présence. Comme un juste moyen d'expier votre offense.
CH^RÊE.
L'arrêt est rigoureux , le crime étant léger : J'obéirai pourtant; maïs, pour m'encourager, Adoucissez la peine à ma ruse imposée : Cette faveur m'importe, et vous est fort aisée.
PAMPHILE
Que me demandez-vous ?
CHénéB.
Pour m'élever aux éai^ n ne faut qu'un aveu de la boudie on des yeux.
PAMPHILE
£hbienJevousraccorde;est-ceassezvoii8ecMnpbi^
CHÉRléE.
Je partirai content après un tel salaire ; Cependant joindrez- vous vos vcbux à dkid transport?
PAMPHILE
Qu'il ne tienne à cela que tout n'aille à bon port!
CHéRÉE , baisant la main de PampkiU.
Que je jure en vos mains une amour étemelle!
PAMPHILE
Je trouve du serment la mode un peu nouvelle.
CHÉRBE.
Ne blâmez point l'excès où mon zèle est tombé.
PAMPHILE
Il lui faut bien donner œ qu'il m'a dérobé.
CHÉRÉB.
Ah dieux ! quelle douceur où mon ame se noie! Soulagé du tourment, je me meurs de la joie; Au prix de vos baisers tout me semble commun : Pamphile , seulement encor la moitié d'un.
PAMPHILE
Vous en poumez mourir, et j'aime votre \ie.
^ CHÉRÉE.
L'hymen saura bientôt en combler mon envie , Pour un que vous m'avez aujourd'hui retenu.
PAMPHILE
Aussi nfen meurt-on plus quand ce temps est veno.
CnÉKÉE.
Si jamais envers vous je change de pensée. Me punissent les dieux d'une mort avancée !
PAMPHILE
Vous promettez beaucoup.