‹ Œuvres complètes, avec des notesChapitre 227 sur 670 · SCÈNE PREMIÈRE · texte numérisé non relu

SCÈNE PREMIÈRE

CIlËREE, détiuisé en eunuque: PAMPHILE.

CIIÉRÉE.

C*est trop rêver, Pamphilc, et mon zèle indiscret Ne sauroit'pluuouflrir cet enUrelien secret.

LECKUQUE, ACTK IV, SCÈNE I.

Dans quelque doiii penser i|n'nne ome soit plongi^ , Souvenl ellea besoin d'en élre iMgaffée: El lorsqu'on l'abandanne à ce Iriste plaisir. Elle songe i ses innux svec phis de loisir. Soufrez donc....

PAMPIIILE.

C'est assez , et ta bonté m'oblige , le noir chagrin qui sans cesse m'aRlige Empêche nton esprit d'en pouvoir prollter.

CIlÊRliK.

El qu'auriez- vous. Paniphile, à vous tant attrister? Vous ^tes jeune et belle . et , si j'ose le dire , Ce sont les seuls trésora oii toute ranime aspire.

PAUPtlILE.

Je suis jeune , il est vrai ; pour belle , on me Ir dit ; Ce disconrs pr^s du sexe est toujours en crédit ; Mais quand de jureils dons le ciel m'atiroit combk'e , A peine en verrois-tn mon une moins troubla ; L'objet de mes luallienrs me louche beaucoup [iIuk. Les dieux nous vendent cber ces pn^sents superflus ; 'Souvent , par mille maus , nous en payons l'usure.

CIIÉnÉR.

Cest que l'e^t liuniain en prend mal la mesure; iDJmte en son estime autant qu'en ms désirs , n compte les douleot?, sans compter'les plaisirs.

l'AUPHILE.

Ne me crois pas , Doris , d'une ame si Ui^re : Suis amis, «ms parents, et partout élrai^re, J'ai sujet de ri^ver, et lu n'en verras point ^ Que le sort obslitié persi-cute à tel point.

CHÉKBB.

Oiacun pejue de iiténie. et moi comnie tout autre; Lemald'autmi n'est rien quand nous parlonsduniltre. Tous vous croyez en butte aux plusseusiblcs coups; Je sais tel qui pnurntil en dire autant i|ne vous. Celni dont je vous parle est mi autre nioi-nu'me ; Il me ressemble assez, et souffre un mal extrême Pour uertaine beauté qui vous ressenU)le aussi , Et qui luit , conmie vous , l'amour et son soud.

PAMPniLE.

Si j'<!tms cet ami, j'affrandiirois mou ame Ses biïtistes lieus de l'objet qui l'cnllamme.

■'Si vous (.'liez l'objet des vœux qu'il a connus?

PAMPIIILE.

iBeut-^tre qu'à la flii ses vtrax seruient revus.

(;nKBBS.

V Qoi vous diroit ceci pour préparer votre ame ? I Tout de bon. si quelqu'un vousdi'couvroitM flamme . I ITi'tanl rien ici-Uis qui ne puisse arriver yjj'eiil«u<b A quelque fln que l'on doive approuver], z-voiu M« offre P et i otre ame , touctice , roit-dtc fUfir i s'en voir rccbcrcb^?

PAXPHILB.

Selon ce qu'il anroit d'aimable et de pwtnL

CHÉHÉB.

.le le suppose riche, liomiéte, usez lu'en fait, b'ilge an vi>tre sorlable, enfin tel. à tout prendre, Qu'aux partisles plus liants il ait droit de pretendre..j

PAMPHILI!

.l'aime ces qualités dont il serait ponrvu ;

Mais , pour en bien parler, il faudroit l'avoir vu.

CIII^BÉB.

Vous le voyez, Pampbîle. et vons allez connoltre Un feu (|ui ne peut ^us a'einpéclier de pamtli'e. Par un excès d'amo^t sous cet habit trompeur . Je nie suis pour escla^Ë offert 4 votre wrur; i\e libre cependant. Oii'^'appelle Chérée; La noblesse des miens ne^ut être ignorée : Peu de partis ici voudroienCmc refusrr; M<jn zÊle est lonlerois plus que tout A prisa*; Ke le dOdaigne2 point. Quoi! vous fujei,

PAMPUILK.

Insolent, quitte-moi, U fourbe est inutilt Pytliie I

OnÉRKB.

Auparavant, encore un mot ou doux.

PAMPHU.E.

Qui t'a fait entreprerulrc un coup si liasardera? En vain tu fais servir ces honneurs à ta flamme : L'espoir d'y prendre part n'aveugle point mon ame; Le ciel m'a faite esclave, iLesI vrai; mais cn)is-tu Que cette qualité répudie à la vertu ?

Qui le (Toiroit, Panqihile, après vous avoir v

l-iCs sévères appas dont vous êtes pourvue

l^ésespèrent les taunt qu'Us viennent d'enflammer; ^

Mais , sous le nom d'Iiymen il est permis d'aimer.

Loin de votre payskclave et délaissée.

Ou pourriez-vuus iciporier votre pensée?

Par-là je n'entends point mépriser vos appas.

Le mérite en est grand ; maisi'lieur n'y répond pas.

Tant que l'effort des ans en détruise reiiqHre,

Assez d'amants viendront vous conter leur martyres ^m

Assez d'amants aussi, d'un discours mensonger.

Vous offriront un «rur toujours prêt à changer.

iJevaut que vous soyez à leurs vieux exposée ,

Prévenez le dépit de vous voir abusée ;

Faites un dioix plus sAr, il vous est important.

E'eut-être dans ta td n*e»-tu pas plus constant.

t-.nr.itii.

Pamphile, cruyez-en res soupirs et ces larmes.

l'AMP H ILE.

Ah ! cesse d'employer le secogrs de leurs cli.irmc*, Ote-moi ta présence , rngage^illeurs ta foi ; Veux-tii reiidif nton nrur plgs esclave que tnoi ?

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