SCÈNE III
CHREMES, PHÉDRIE, CHÉRÉE, PARMENON.
PARMENON.
Tons deox ftnrt à propos je vous rencontre ensemble ; Mais œ lien m'est suspect, tirons-nous à l'écart.
CHREMES.
Adieu y dans vos secrets je ne veux point de part.
PIIÉDRIE.
Vous pouvez demeurer, je sais votre prudence ; On se peut devant vous ouvrir en confidence. Ne crains point, Parmenon.
PARMENON.
Le voulez-vous ainsi ?
Bamis notre vieillard vient de partir d'ici.
PHÉDRIE.
Je savois son retour.
PARMENON.
Il sait aussi le vôtre ; Et comme on peut tomber d'un discours en un autre, M'ayant de vos amours long-temps entretenu, A des propos d'hymen il est enfin venu : Qu'il se voyoit déjà presque un pied dans la tombe; Qu'au faix de tant de biens chargé d'ans il socoombe; Que pour courir à tout n'étant plus assez vert, n se veut désormais tenir clos et couvert , Caresser, les pieds chauds , quelque bru qui lui plaise; Conter son jeune temps, banqueter à son aise : C'est là, ce m'a-t-il dit, le seul but où je tends. S'ils veulent voir met joun plus longs et plus contents , Il fant qu'un prompt bymen me délivre de crabite :
Non que je leur impose une aveugle contrainte; Pour plus tôt les réduire à suivre mon désir, Je leur laisse à tous deux le pouvoir de choisir (Citoyenne j'entends), du reste il ne m'importe: Ennuyé des chagrins que l'âge nous apporte, Je ne demande plus qu'un entretien flatteur Qui dessus mes vieux joun me mette eo bdle hmnear; Que l'un ou l'autre enfin choisisse une maîtresse. L'amour de ces objets qu'on suit dans la jeunene Ne produit rien d'égal aux plaisirs infinis Qne cause on sacré nœud dont deux cœurs sont on. Tu sais que les douceurs jamais ne s'en oorrompeot; Au lieu que ces amours , dont les charmes ooos tronipeDt, Jamais à bonne fin ne peuvent aboutir : On verra mon aîné trop tard s'en repentir : J'en ai su le retour aoatitôt que l'absence ; Ce changement soudain , cette molle impaîssanoe, M'empêclient d'espérer qu'il s'accorde à mes vœu; Mais , le cadet encor n'élant pas amoureux. C'est là qu'il faut tourner l'effort de la machine; Et de peur que Thaïs , ou quelque autre voisine, Par son civil accueil ne l'aifie retenir, Sans perdre un seul moment il le faut préreair. S'il se pouvoit, ô dieux! que j'aurois d'al^reMl • Tu sais qu'il a long-temps voyagé par la Grèce : A peine en revient-il, et depuis son retour Je ne vois point qu'encore il ait conçu d'amour. Ses plaisirs ont été les chevaux et la chasse : Avant qu'une maîtresse en son cœur ait pris place, Peut-être son devoir ailleurs l'aura porté. A ces mots le vieillard, eu pleurant, m'a quitté. C'est un père , après tout ; il faut qu'on lui complaise.
PHEDRIE.
Vraiment vous en parlez tous deux bien à votre aise: Si l'amour en vos cœurs régnoit pour un moment. Je vous verrois bientôt d'un autre sentimenL
PARMENON.
Contre moi sans raison vous entrez en colère : D'interprète, sans plus , je sers à votre père ; Quoique vous m'entendiez parler en précepteur. De tout ce long discours je ne suis point l'auteur; Vous voyez que ceci tient beaucoup de son style.
PHÉDRIB.
Tu ne l'es pas non plus de la fourbe siditile Dont mon frère, en eunuque aujourd'hui déguisé; A chacun du logis par sa feinte abusé? Qui t'a rendu muet? cherches-tu quelque excuse?
CHÉRÉE.
C'est à moi qu'il vous faut imputer cette ruse; Assez pour m'en distraire il s'est inquiété. Enfin n'en parlons plus , c'est un point arrêté : Gardez votre Tliaîs, laissez-moi ma Pamphile; Et pendant que mon père est d'humeur si facile , Allons lui proposer le choix que j'en ai fait.