L'EUNUQUE, ACTE V, SCÈNE IV
PAHMENON.
Croyez-vous que d'abord il en soîl salîsfoit ?
N *étant qae ce qu'elle est, j'en aurois quelque crainle.
CHBRÉB.
Quoi ! lu ne sais donc pas le succès de ma feinte?
PAaSIBIfON.
Non , car toi^ours depuis j'ai demeuré chez nous.
CHERÉB.
Pamphile est citoyenne.
PARMBNON.
O dieux ! que dites-vous?
Pamphile est citoyenne!
CHIÎRIÎB.
£t Chromés est son frère.
Te conter en détail comment il s'est pu faire , Demanderoit peut-être un peu plus de loisir : C'est assez que la diose , au gré de mon desh*, S'est naguère entre nous pleinement avérée. Outre que de sa sœur la foi m'est assurée , Chrêmes ne me tient pas un homme à dédaigner ; Il ne nous reste plus que mon père à gagner.
PARMENON.
Je TOUS le veux livrer au plus tard dans une heure. Da vieillard au procès savez- vous la demeure? Cest-là qu'il nous attend.
PHÉDRIE.
Que mon frère est heureux De se voir possesseur aussitôt qu'amoureux ! Cliacun s'oppose au bien que mérite ma peine. Thaïs n'a plus en moi qu'une espérance vaine : Ne pouvant de discours plus long-temps l'amuser, J'ai promis de mourir, ou bien de l'épouser. Mourons, puisque Ton n'ose en parler à mon père; Ce n'est que pour moi seul qu'il se montre sévère. Adieu , je vais mourir.
PARMENON.
Attendez nn moment.
J'ai par son ordre seul harangué vainement, Et par son ordre enfin je vous rends l'espérance. Vous feriez beaucoup mieux d'user de déférence; Mais puisque tant d'amour loge dans votre sein , Que cet amour d'ailleurs s'obstine en son dessein , Vous irez jusqu'au bout, j'oie vous le promettre. Obtenez de Chrêmes qu'il se veuille entremettre, Et 9 parlant pour tout deux , vous sao? e un compliment Qui vous feroit rougir dans son commencement.
CHRÊMES.
Je me tiens tout prié.
CHÉRéE.
Nous vous en rendons grâce.
PHÉURIE.
Ah ! mon cher Parmenon, viens-çà que je t'embrasse !