‹ Œuvres complètes, avec des notesChapitre 262 sur 670 · CALLIOPE · texte numérisé non relu

CALLIOPE

Et qui les en soupçonne?

Ce NOUS n'est pas pour nous ; je parle en ki personne Du sexe en général , des dévotes d'amour.

APOLLON

Calliope a raison , qu'elle achève à son tour.

CALLIOPB.

J'en demeurerai là, si Vous l'agréez , sire. On m'a fait oublier ce que je voulois dire.

'APOLLON

A vous donc , Polymnie : entrez en lice aussi.

POLYMA'IE.

Sur quel ion?

Je vois bien que sur ce dernier-ci L'on ne réussit pas toigours comme on souhaite. Calliope a bien fait d'user d'une défaite ; Cette interruption est venue à propos : C'est pourquoi choisissez des tons un peu moins hauts. Horace en a de tous; voyez ceux qui vous duisent : J'aime fort les auteurs qui sur lui se conduisent : Voilà les gens qu'il faut à présent imiter.

POLYMNIB.

C'est bien dit, si cela pouvoit s'exécuter : Mais avons-nous l'esprit qu'autrefois à cet honuue Nous savions inspirer sur le déclin de Rome ? Tout est trop fort déchu dans le sacré vallon.

APOLLON

J'en conviens , jusque même au métier d'Apollon : Il n'est rien qni n'empire , hommes , dieux ; mais que fiiîre ? Irons-nous pour cela nous cacher et nous taire? Je ne regarde pas ce que j'étois jadis, Mais ce que je serai quelque jour, si je vis. Noos vieillissons enfin , tout autant que nous sommes De dieux nés de la fable, et forgés par les hommes. Je prévois par mon art im temps où l'univers Ne se soucira plus ni d'auteurs, ni de vers. Où vos divinités périront , et la mienne. Jouons de notre reste avant que ce temps vienne. C'est à vous, Polymnie, à nous entretenir.

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