‹ Œuvres complètes, avec des notesChapitre 264 sur 670 · ERATO · texte numérisé non relu

ERATO

Autrefois j'étois fière Quand on disoitquenon : qu'on me vienne aujourd'hqi Demander, Aimez-vous? je répondrai que oui.

APOLLON

Pourquoi?

ÉRATO.

Pour éviter le nom de précieuse.

APOLLON

Si cette qualité vous paroit odieuse , Du vœu de chasteté Ton vous dispensera. Choisissez un galant.

ÉRATO.

Non pas, sire, cela.

Je veux un peu d'hymen pour colorer l'affaire.

APOLLON

Un peu d'hymen est bon.'

ÉRATO.

J'en veux , et n'en veux guère.

APOLLON

Vous vous marierez donc, ainsi qu'au temps jadis Oriane épousa monseigneur Amadis?

ÉRATO.

Oui, sire.

APOLLON

La méthode, en effet, en est bonne.

Mais encore avec qui? car je ne vois personne Qui veuille dans l'Olympe à l'hymen s'arrêter : Les Sj[lvains ne sont pas des gens poor vous tenter.

ÉRATO.

Je prendrois un auteur.

APOLLON

Un auteur? vous déeae?

Aux auteurs Erato pourroit mettre la prene. Ce n'est pas votre fait, pour plus d'une raison. Rarement un auteur demeure à la maison.

ÉRATO.

C'est justement cela qui m'en plait davantage.

APOLLON

Nous nous entretiendrons de votre mariage A fond une autre fois. Cependant chautez-no», Non pas du sérieux, du tendre, ni du doux: Mais de ce qu'en françois on nomme bagatelle; Un jeu dont je voudrois Voiture pour modèle. Il excelle en cet art : maître Clément et lui S'y prennent beaucoup mieux que nos gens d'aqov-

ÉRATO. (jifhBi

Sire, j'en ai perdu , peu s'en faut, l'habitude; Et ce genre est pour moi maintenant une étude. Il y faut plus de temps que le monde ne croit Agréez , en la place , un dizain.

Dizain soit

ÉRATO.

Mais n'est-ce point assez célébrer notre belle? Quand j'aurai dit les jeux , les ris , et la séqodk, Les grâces, les amours; voilà fait à-peu-près.

APOLLON

Vous pourrez dire encor les charmes , les attnîli, Les appas.

ÉRATO.

Et puis quoi?

APOLLON

Cent et cent mille choeei.

Je ne vous ai compté ni les lis, ni les roses; On n'a qu'à retourner seulement ces mots-là.

ÉRATO.

La satire en fournit bien d'autres que cela : Pour un trait de louange , il en est cent de blâme.

APOLLON

Eh bien ! blâmez Clymène , à qui d'aucune flamme On ne peut désormais inspirer le désir.

ÉRATO.

Ce sujet est traité; l'on vient de s'en saisir; Il a servi de thèse à ma sœur Polvmnie.

APOLLON

Cela ne vous fait rien , la chose est infinie ;

GLYMÊNE.

Toujours notre cabale y trouve â regratter.

ÉJUTO.

Sire j puisqu'il vous platt , Je m'en vais le tenter. Ma scrar excusera si j'enchéris sur elle.

POLYIINIB.

Voilà bien des feçons pour une bagatelle.

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