‹ Œuvres complètes, avec des notesChapitre 265 sur 670 · RATO · texte numérisé non relu

RATO

C'est qu'elle est de conunande.

APOLLON

Et que coâteundizain ?

BRATO.

Tout coAte : Il fout pourtant que je me mette en train.

Clymène a tort : je suis d'avis qu'elle aime

Notre vassal, dès demain au plus tard,

Dès aujourd'hui , dès ce moment-d même :

Le temps d'aimer n'a si petite part

Qui ne soit chère, et sur-tout quand on treuve

Un bon amant, un amant à l'épreuve.

Je sais qu'il est des amants à foison^

Tout en fourmille; on n'en sauroil que faire:

Mais cent méchants n'en valent pas un bon;

Et ce bon-là ne se rencontre guère.

APOLLON

n ne nous reste plus qu'Cranie, et c'est Ikit. Mais quand j'y pense bien , je trouve qu'en effet Tant de louange ennuie, et sur-tout quand on loue Toujours le même objet : enGn je vous avoue Que pour peu que durât l'éloge encor du temps. Vous me verriez bâiller. Comment peuvent les gens Entendre, sans dormir, une oraison funèbre? Il n'est panégyriste au monde si célèbre, Qui ne soit un Morphée à tous ses auditeurs. U ranie , il vous faut reployer vos doaceurs : Aussi bien qui pourroit mieux parler de Clymène Que l'amoureux Acanthe? Allons vers l'Hippocrène; Nous l'y rencontrerons encor assurément : Ce nous sera sans doute un divertissement. La solitude est grande autour de ces ombrages. Que vous semble ? On croiroit, au nombre des ouvrages Et des compositeurs ( car chacun fait des vers) , Qu'il nous faudroit chercher un mont dans l'univers , Non pas double, mais triple , et de plus d'étendue Que l'Atlas : cependant ma cour est morfondue ; Je ne rencontre ici que deux ou trois mortels, Encor très peu dévots à nos sacrés autels. Cherchez-en la raison dans les cieux , TJranie.

URANIB.

Sire , il n'est pas besoin , et sans l'astrologie Je vous dirai d'où vient ce peu d'adorateurs. Il est vrai que jamais on n'a vu tant d'auteurs : Chacun forge des vers; mais pour la poésie, Cette princesse est morte, aucun ne s'en soucie. Avec un peu de rime, on va vous fobriquer

Cent iferaficateors en un jour, sans matiqner. Ce laiiyy divin, ces charmantes figures Qui toochoient autrefois les âmes les plus dures, Et par qui les rochers et les bois attirés TressaOloiént à des traits de l'Olympe admirés; Cela, dis^je, n'est plus maintenant en usage. On vous méprise , et nous , et ce divin Iai^;age. Qu'est-ce , dit-on ? Des vers. Suffit ; le peiq>le y court. Potutiuoi venir chercher ces traits en notre cour? Sans cela l'on parvient à l'estime des hommes.

APOLLON

Vous en paries très bien . Mais qa'entends-je 7 Nous tommes Auprès de l'Hippocrène. Acanthe assurément S'entretient avec elle; écoutons un moment. C'est lui , j'entends sa voix.

ACANTHE

Zéphyrs de qui l'haleine Portoit â ces échos mes soupirs et ma peine , Je viens de vous conter son succès glorieux ; Portez-en quelque chose aux oreilles des dieux. Et toi , mon bienfaiteur, Amour, par quelle offrande Pourrai-je reconnoltre une faveur si grande ? Je te dois des plaisirs compagnons des autels , Des plaisirs trop exquis pour de simples mortels. O vous qui visitez quelquefois cet ombrage , Nourrissons des nœuf sœurs....

APOLLON

Sans doute il n'est pas sage :

Sadums ce qu'il veut dire. Acanthe !

ACANTHE, parlant seul.

Adorez-moi ; Car si je ne suis dieu , tout au moins je suis roi.

EEATO.

Acanthe !

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