‹ Œuvres complètes, avec des notesChapitre 275 sur 670 · APOLLON, MOMUS · texte numérisé non relu

APOLLON, MOMUS

APOLLON

Voici Tempe, cette vallée Dont on vante par-tout l'ombrage et les beautés;

Et voilà les flots argentés

Qu'y fait couler le dieu Pénée.

Plus loin vers ces sommets mon empire s'étend. N'y veux-tu pas venir, Momus? on nous attend.

MOMUS

Demeurons encore où nous sommes :

Ai-je pu voir en un instant

Toutes les sottises des hommes?

Par vos puissants effôrts , invincible Apollon , On ne craint plus ici les fureurs de Python.

Les halntants de ces rivages , Devenus plus heureux, n'en seront pas plus sages. Le temps de la sottise est celui du bonheur.

APOLLON

MUs que dis-tu de ma victoire ?

MOMUS

Elle vous a comblé d'honneur , Et rien n'égale votre gloire.

APOLLON

Que le fils de Vénus cesse de se vante/

Qu'ainsi que nous il sait porter

Un carquois, un arc, et des flèches;

C'est un enfant qui fait des brèches

Dans les cœurs aisés à dompter.

n remporte toujours des victoires faciles; Je défais des serpents qui dépeuplent des villes.

MOMUS

Vous méprisez celui qui tient tout sous sa loi. Si l'Amour nous entend?

APOLLON

Et que crains-tu pour moi ?

MOMUS

Parlez bas, c'est un dieu; s'il venoitàfiarottre?

APOLLON

Un dieu ! c'est un enfant : quitte ce vam souci.

MOMUS

Qui donne à Jupiter un maître Vous en pourroît donuer aussi.

âO

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