‹ Œuvres complètes, avec des notesChapitre 288 sur 670 · TÉLAMON, CLYMÈNE · texte numérisé non relu

TÉLAMON, CLYMÈNE

TÉLAMON

Que VOUS avez de grâce à porter un carquois ' Rien ne vous sied si bien.

GLYMàMB.

On me Ta dit cent fois.

TÉLAMON

On ne vous Ta pas dit peut-être au fond d'un bois. En ces forêts , je vous prie, Écartons-nous un moment, Et mettons de la partie L'ombre et l'amour seulement.

CLYMÈNE

Tout rendez-vous un peu sombre Doit toujours être évité :

Quand je vois Tamour et l'ombre, Je vais d'un autre côté.

TÉLAMON

Cest trop s'en défier. Mais dites-moî^ Clymène, Daphné montre en ses yeux une secrète peine : Qui la cause? Leucippe est-il ce bienheureux? Ou plutôt est-ce un dieu qui s'attire ses vœox? Je m'y connois , l'amour la touche.

CLTMÈNB.

On se laisse assez toucher.

Mais on aime à le cacher; Et d'une jeune fiurouche L'amour est plus tôt vainqueur.

Qu'il n'a tiré de sa bouche Le nom qu'elle a dans le cœur.

TÉLAMON

N'en saurai-je pas plus ?

GLTMàNB.

Je n'ai rien appris d'elle.

TÉLAMON

Vous voulez garder ce secret :

Je serois importun aussi bien qu'indiscret Si je vous pressois trop, et la chasse m'appelle. Adieu , nymphe cruelle.

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