SCÈNE III
ACIS, TIMANDIIE, GALATEE, CLYMÈNE.
ACIS
iK^essc des appas , si quelqu'un des mortels Mettoit son cœur au pied de vos autels , Que feriez-vous ?
GALATÊB.
Ce don ne se refuse guère.
AGIS
S'il étoit foit par un amant?
GALATÉE
Je ne l'en croirois pas moins capable de plabne.
AGIS
Si c'étoit un berger qui vous dit son tourment?
GALATÉE
Il ponrroit être si charmant , Qu'on l'écouteroit sans colère.
AGIS
Déesse des appas , écoutez les soucis
D'Acis.
Je vous aime; et non pas comme les immortelles, Par crainte, par devoir, sans transports, sans désir. Sans plaisir ; Mais connue il faut aimer les belles : Il faut auprès de la beauté Oublier la divinité.
GALATÉE
Berger, je vous trouve sincère ; Vous pouviez autrement témoigner votre amour : Je devois m'en douter; vous deviez me le taire.
AGIS
Et ne l'ayant fias fait , je dois perdre le jour. J'y cours , et je vous vais venger de cette offense , Indigue que je suis de mourir à vos yeux.
GALATKK.
Ne bougez , mortel; c'est aux dieux Que Ton doit réserver le soin de la vengeance.
AGIS
Je suis mortel , il est vrai ; mais aussi Je puis par nnm trépas faire honneur à vos charmes ; l.es dieux n'en usent pas ainsi :
Leur ardenr est légère ; ils aiment sans alarmes ;
Et vous méritez un amant
Qui s'abandonne à son tourment.
TiM ANDRE, AGIS, et CLTMBNB, ensemble.
Il n'est que d'avoir un amant
Qui s'abandonne à son tourment.
TIMAXDRB, à Clymène.
Le mien n'a point d'égal; et cependant, Clymène» QÉ'avez-vous fait encor pour soulager mes maux ?
Que sert de dire à tout propos :
Je suis contente de sa peine ?
Payez-la donc, ingrate, insensible, inhumaine!
GLYMÈNE.
Toujours les bei^rs Nous nomment cruelles, Et toujours leurs belles Les nomment légers.
On leur est sévère; On fait prudemment :
Cruelle bergère Craint volage amant.
GALATÉE
Retirez-vous tous deux ; toi , Clymène , demeure. Acis , on vous pardonne ; allez , et dans ces lieux Ne revenez de plus d'une heure.