‹ Œuvres complètes, avec des notesChapitre 312 sur 670 · GALATÉE, CLYMÈNE · texte numérisé non relu

GALATÉE, CLYMÈNE

GALATÉE

Ils sont partis ; je ne crains plus leurs yeux. M'ont-ils point mi rougir ? Clymène , cette offense Méritoit un courroux plus prompt et plus puissant : Ah! (|u'il est malaisé de cacher ce qu'on pense, Et plus encor ce que l'on sent !

Cruelle loi qui veox que notre gloire Soit de n'aimer jamais , ou n'aimer que des dieux,

Est-il juste de te croire

Plutôt que ses propres yeux?

Dès qu'un berger m'a su plaire,

Il n'est plus berger pour moi ;

Tu m'ordomies de le taire ;

Injuste, et cruelle loi!

Hélas! il n'est plus temps, et déjà malgré toi J'ai flattt* ce berger dans l'ardeur qui le presse..

GLYMÈNE.

Vour craignez de parler, et vous êtes déesse ! Quand on est de ce rang, l'on doit encourager Son berger.

Pour moi , je dis au mien sans cesse Qu'il m'a touché le orur aussi bien que les yeux. Je n'en dirois pas tant au plus puissant des dieux. Le silence en amour est une erreur extrême :

Souffrez , mais déclarez vos maux;

au

Page 1