POLYPHÈME, GALATÉE
POLTPIIÈME.
Venez- vous augmenter mes peines?
Cruelle! ai-je à souffiir quelque nooveta méprit?
GALATBB.
Tâchez de vous guérir; vos poursuites sont vaines. Je TOUS donne un sincère avis.
POLYPHÈME
Quoi! c'est le fruit de ma souffrance!
C'est le fruit de mes soins si longs et si constants!
GALATÉB.
Notre amour ne sert pas toujours de récompense; Et ce n'est pas toujours un ouvrage do temps.
POLYPHÈME
Vous écoutez les vœux d'un insolent, sans doute; Un beiiger vous parloit tout-à-l'heure en ce lieu.
GALATÉE
Ne pouvant vous aimer, qu'importe qui j'écoute? Un berger qui me plaît peut passer pour on dieu.
POLYPHÈME
Acis mi dieu ! Je tiens ce dieu bien téméraire.
Qu'il évile ma colère !
Polyphème est son prince; et j'ai dans ces hameaox Cent bergers comme lui qui gardent mes troupeaux. Ils font de votre nom résonner ces coteaux.
Si rien de moi vous pouvoit plaire , Ma voix se mêleroit avec leurs dialumeanx. L'autre jour je surpris au nid une fauvette.
Un rossignol et deux autres oiseaux :
Je les instruis pour vous, ils suivent ma musette. Et chantent, sans faillir, déjà deux airs nouveaux. Peut-être aunez-vous mieux de cruels animaux :
Si ce don vous plait davantage,
J'apprivoise deux jeunes ours :
Je n'en puis faire autant de votre humeur saovage;
Mes dons vous irritent toujours.
J'ai des forêts, j'ai des campagnes.
Des parcs où vous et vos compagnes Pourrez chasser : tous ces biens sont à vous.
Recevez-les, beauté céleste, Avec un autre don que je préfère à tous;
C'est mon cœur percé de vos coups.
GALATÉE
Je ne veux ce cœur, ni le reste.
POLYPHÈME
Ah! cruelle ! c'est trop : gardez que le courroux Ne me porte à la fin à quelque violence.
GALATÉE
Une déesse ne craint rien.
POLYPHÈME
Qu'Acis craigne du moins , lui de qui l'insolence Ose me disputer ce qui fait tout mon bien.
GALATÉE
Moi , le bien d'un cyclope?
POLYPHÈME
Un cyclope possède Ce que TOlympe a de plus beau.